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Du 9 au 11 mars

Yangon, lundi 9 mars
Mingalaba

Quelle belle journée!
Disons d'abord que l'hôtel Tune de Air Asia, c'est ordinaire, sans aucun service, même pas un verre pour boire, mais le lit est confortable et c'est ce que nous voulions, dormir si ce n'était d'un groupe de vieilles Japonaises qui avaient décidé de fêter dans le corridor. L'avantage, c'est d'être pratiquement dans l'aéroport où nous avons trouvé une épicerie et tout le nécessaire pour souper et déjeuner. Et puis hop! dans l'avion pour Yangon, deux heures de vol avec Air Asia, simple, confortable, efficace.

Et nous voici à Yangon. Wow! Nous trouvons facilement notre guesthouse, ou plutôt, le jeune chauffeur de taxi qui manoeuvrait sa Toyota avec clim dans le dédale de petites ruelles. Nous avions négocié pour 5$US, mais après une heure dans un trafic infernal, nous lui en avons donné 7, et c'était encore gênant...

L'accueil à la Thanlwin Guesthouse peut être qualifié de chaleureux. Vraiment! Nous avons eu droit au petit déjeuner même si le check in n'était qu'en après midi. Ils ont préparé la chambre pendant que nous prenions les infos pour notre tournée dans le Sud. Une bonne douche, puis le proprio nous amène à un comptoir pour acheter nos billets d'autobus pour Kyaikhtiyo, que tous les touristes appellent Golden Rock, allons savoir pourquoi... Une chance que le proprio était là, nous n'aurions jamais trouvé le comptoir de vente et nous n'aurions jamais pu nous faire comprendre. Finalement, nous achetons les sièges 33-34 pour demain 8h, un voyage de quatre heures, 7000kiats, soit 7$US, par personnes. On verra...

Nous quittons le proprio et prenons un taxi pour le centre-ville. La circulation est dense et il semble que c'est toujours comme ça. Il fait chaud, et nous sommes tout sourire, nous partons explorer Yangon. Qui sait, peut-être trouverons-nous la White House de nous précieux amis! Nous marchons quatre heures durant, en plein soleil. La stupa Sule, le quartier colonial, un marché de fruits, le quai pour le traversier, un premier coup d'oeil sur le fameux fleuve Irrawaddi, une multitude de petites ruelles remplies d'échoppes tantôt juste des tissus, puis une autres ruelle où il y a seulement des livres et des imprimeries. Chaque ruelle a sa spécialité, mais on retrouve partout des petits stands à Bétel et nous en profitons pour assister à la préparation de ces très populaires chiqués qui rougissent les sourires et les dents, de même que les trottoirs et les rues puisque les gens les crachent partout. Nous en avons acheté une par curiosité, mais nous n'avons pas poussé l'audace. Le genre de souvenirs qui reste marqué au delà de la mémoire...

Les gens sont vraiment gentils, et il y a tant à découvrir. Nous nous sentons nous-même un peu comme une curiosité. Nous étirons notre plaisir en marchant jusqu'à la grande stupa Swe Dagon. Stupafiant! En voulez-vous de l'or, en v'la! En voulez-vous des bouddhas, en v'la! L'ambiance est très zen, pas trop d'étrangers, surtout des gens d'ici. Une jeune fille est venue nous toucher et nous serrer la main, toute excitée de faire connaissance avec la frisée et blond aux yeux bleus. Le high light de cette fin de journée.

J'ai les pieds en feu, et ce n'est pas seulement parce que je marche nu-pied sur le plancher de marbre du temple. Il est temps de trouver un taxi et de retourner à la guesthouse. Il faut se ménager un peu si on veut maintenir le rythme. Nous ne sommes plus jeunes, et un jour de fou n'attend pas l'autre.

La bière du pays est très bonne, de même que les savoureuses pâtes traditionnelles de l'ethnie Shan, dont je ne me souviens plus du nom. Nous soupons en parlant politique avec le proprio et sa femme qui est très au fait de la situation fragile que le pays vit en cette période d'élection. La Ligue nationale pour la démocratie, le parti de Aung San Suu Kyi, légalisé par le pouvoir en place depuis décembre 2011, a de très bonnes chances de remporter les élections, mais les militaires ne lâcheront pas le pouvoir et ses avantages aussi facilement. Présentement, malgré les appels au calme de Aung San Suu Kyi, les étudiants continuent de manifester et plusieurs sont arrêtés. On craint que les groupes d'étudiants soient infiltrés par des activistes sympathisants avec le gouvernement actuel et créent la pagaille, ce qui pourrait ainsi justifier l'intervention des militaires et le maintien au pouvoir de la junte militaire. L'appel au calme est lancé et les gens sont conscients de la fragilité politique du moment. Quelques mois à attendre dans le calme pour ne pas revenir 30 ans en arrière. La répression continue sans que nous en ayons conscience. Les fermiers sont arrêtés et envoyés en prison pour que les amis du gouvernement puissent prendre leurs terres, non pas pour les cultiver mais pour les vendre à ??? La Chine semble omniprésente, surtout dans le Nord. Nous tenterons de lire les journaux pour en savoir davantage, mais rien ne saute aux yeux des petits touristes que nous sommes.

Bon, il est temps d'aller faire dodo pour être en forme au lever à 4h30... Il faut être fait fort!

Quelle belle journée! Et demain alors!
Golden Rock, 10 mars
L'autobus qui doit nous mener à Kyaikhto ou à Kyaikttiyo partira avec une heure de retard. Ça nous laissera amplement le temps d'explorer les alentours... Quelle cacophonie! C'est à qui crierait le plus fort pour aiguiller un de ces innombrables mastodontes à travers les tables à déjeuner, les étals des vendeurs, les bicyclettes et les clients qui circulent pêle-mêle avec les vendeurs de journaux dans la poussière et le "fume" des camions... Dans les rues avoisinantes, il faut faire attention pour ne pas mettre les pieds dans un crachat de béthel et surtout être toujours prêts à sourire. Il n'y a pas beaucoup d'étrangers dans le coin surtout à cette heure-ci! Mais Sylvie excelle dans les sourires et... dans les conversations à deux mots!

08h pile. Nous montons dans un bus Scania flambant neuf et surprise... Des rideaux avec dentelle dans les fenêtres, un support pour le cou et une bouteille d'eau. On ne fait pas les choses à moitié... On roule vite sur des routes étroites sur lesquelles les chauffeurs rivalisent de klaxon! Le tout au son de la pop locale qui ne met pas en péril nos idoles du Music Awards!

Nous arrivons finalement dans notre village sans savoir si c'est vraiment notre destination... Yes, yes, yes nous répond-on invariablement. Mais faut croire que la confusion s'estompe d'elle-même, car nous retrouvons notre hôtel là où l'avait situé Google map! Un très bel accueil avec thé et lingette chaude. Nous avons une belle chambre avec vue sur le Rocher d'Or et climatisation et une douche à faire rêver.

Sitôt arrivés, nous préparons notre sortie.

Impossible de décrire le trajet pour accéder au Rocher d'Or. Qu'il suffise de dire qu'on risque notre vie durant 45 minutes de montée et 45 mimutes d'une descente à couper le souffle dans une boîte de camion que nous partageons avec 63 personnes (vous avez bien lu) convaincues que Boudha les protège!!!

Quant au Rocher d'Or, c'est lieu de pèlerinage important et c'est plein de pèlerins qui y viennent en famille. Aujourd,hui, il fait chaud et nous avons les pieds brûlés d'avoir dû circuler nu-pieds sur le site. Et dire qu'on n'a même pas la foi.

Ce qu'on retient de la journée, c'est l'incroyable amabilité des gens et leur curiosité qui se bute malheureusement à une barrière linguistique difficilement franchissable.
11 mars, Mawlamynn ou Moulmein ou Moulmeya...

On ne sait pas trop comment prononcer le nom de la ville, ce qui fait rire les gens de la place. Un bus "direct" qui n'est pas vraiment direct et qui ne ressemble en rien à celui que nous avons eu la veille nous amène à notre hôtel au nom prédestiné le "Cinderella"... Il porte bien son nom. On se croirait au pays des merveilles. Huit personnes nous accueille avec le sourire sans vraiment nous comprendre. C'est pas grave, nous ne comprenons pas non plus. Petit jus à l'accueil, on nous escorte à notre chambre: assiette de fruits frais, eau froide, thermos d'eau bouillante pour le thé ou le café, deux téléviseurs (?), un frigo de 16pieds cubes, des biscuits, deux cannettes de jus aux herbes, un ensemble de soins de voyage, un balcon et... Un Ipad pour la durée de notre séjour... Djésutimbaté! (Merci) Nous sommes un peu gênés mais pas au point de refuser la chambre...

Nous en profiterons pour faire une petite visite au centre ville en bordure du fleuve... La gestion des déchets n'est pas problématique : on jette tout sur les rives en attendant que la prochaine ondée transporte le tout ailleurs. Le centreville de cette ancienne ville coloniale est bondé d'échopes de tout genre. Les mobylettes chinoises ont envahi les rues à travers les tuk-tuks et il semble que chaque ado en possède une!

Nous en profitons pour réserver notre bateau pour demain; nous allons remonter le fleuve Salouen vers Hpa-An, même si les gens de l'hôtel ne le recommande pas trop trop. Trop dangereux, trop chaud, trop trop... Mais nous sommes venus jusqu'ici pour voir les paysages et les formations karstiques (comme la baie d'Halong) le long de cette rivière.

En attendant, pour terminer la journée, nous décidons de gravie la colline aux 3-4-5 temples pour admirer le coucher de soleil que nous ne verrons finalement pas... Trop tôt, trop fatigués pour attendre. Nous nous contenterons de la magnifique vue sur la ville et sur l'estuaire qui la baigne. La chaleur aura raison de notre détermination!

Sur le chemin du retour, nous croisons un moine très âgé qui nous interpelle avec force gestes que nous ne comprenons pas... Nous pensons d'abord comprendre qu'il a de la difficulté à voir. Nous lui offrons des lunettes de lecture, puis des lunettes de soleil... Jusqu'à ce que nous comprenions qu'il veut que nous prenions une photo de lui avec chacun de nous... Nous n'y comprenons rien, il semble qu'on ne doit pas approcher un moine et encore moins lui toucher... Devant son insistance, nous prenons les photos main dans la main, et... " one dollar" répète-t-il inlassablement. Nous n'avons de dollars US, seulement des kyats. Nous lui offrons l'équivalent, il refuse. Nous sommes mal à l'aise, mais il refuse continuellement les kyats. Nous nous sommes séparés et l'expérience nous a laissés un peu troublés...

Quelques ruelles plus loin, nous croisons des enfants que Sylvie avait salués lors de notre montée... Ils nous attendaient. Pour jouer au badminton! Une partie de plaisir! Cet épisode jeta un baume sur l'événement du moine.

Cette journée se termina sur quelques bières Myanmar et des chips laissés "pour nous" sur notre frigo 16 pieds cubes!

Demain, départ 8h pour notre chaloupe!