Le 6 décembre 2009
La traversée du désert

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De retour au Caire, après 13 autres heures de vibrations dans le train, nous n’avons que le temps de préparer la dernière portion de notre voyage en Égypte: le Sinaï.

Nous quittons la plaine fertile du Nil pour traverser le canal de Suez et nous rendre au Mont Sinaï et au Monastère Ste-Catherine, d’abord, puis au camp Sawa près de Nuweiba, sur la mer Rouge. Nous entrons dans un univers désertique de montagnes striées par des sentiers et des chemins qui se perdent sans laisser de traces dans d’obscures vallées. Nous devinons, parfois au loin, des maisonnettes en terre cuite au soleil, éparpillées dans les plaines de sable ou recroquevillées sur un contrefort rocheux. Des pneus éclatés longent la route; le moindre arbuste devient un point de ralliement pour les chèvres et quelques chameaux. Quelques stations-service se fondent presque dans le décor tellement elles semblent sorties d’une autre époque... Des camions remplis d’eau se relaient d’une citerne à l’autre. Et partout, des monticules de terre «manmade», empreintes humaines que rien ne justifie...

Seul élément en continu dans de décor éclaté: une ligne électrique à haute tension qui nous accompagne à Nuweiba et qui dans trois jours nous guidera pour notre retour par Taba et Suez.

Après six heures de route, nous arrivons au Mont Sinaï. Il fait «frette!» Nos chambres sont glaciales et notre détermination commence à fléchir...




Sur les pas de Moïse
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Mais nous prenons notre courage à deux mains et nous suivons les pas de Moïse jusqu’au sommet du Mont Sinaï... Moïse, c’est notre guide; pas celui qui guidait son peuple vers la Terre promise. Notre guide privé! Il gambade et sautille en chantonnant, pendant que nous suons et cherchons notre souffle en nous agrippant aux parois de la montagne. Il faut dire que Moïse monte les 3750 marches du Mont Sinaï deux ou trois fois par semaine. Pour cous, ce sera la performance de notre vie!

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Nous montons à vitesse grand V, pour moi. Moïse, lui, semble passer son temps à nous attendre, après deux trois cabrioles et un petit saut. Deux bonnes heures de grimpe, nous voilà arrivés en haut juste avant le coucher de soleil, le temps de prendre des photos et de se geler comme il faut... Il fait vraiment froid et le vent en rajoute. C’est même difficile d’apprécier le décor tellement on a hâte de redescendre et de trouver un petit coin chaud.

«Allez! Couche-toi donc!» Une petite photo et le tour est joué...

Nous descendons les 750 premières marches avant qu’il ne fasse trop noir, puis nous empruntons le sentier des chameaux, plus long mais moins à pic, bien qu’assez glissant, si vous pouvez deviner dans quoi nous marchons...






Un pays sous surveillance
L’armée et la police nationale montent la garde partout, notamment où il n’y a personne, comme dans le désert... protégeant tout le monde de n’importe quoi et personne d’à peu près rien. Ils sont là 7-8, armés ou non, à lire le journal ou à jouer du cellulaire observant les touristes et causant parfois avec un chauffeur. Ils remplissent quantité de papier et, désabusés, retournent derrière leur portillon blindé pour regarder passer le trafic. Cela fait partie du service militaire obligatoire! À en juger par leur équipement militaire, il y a fort à craindre qu’advenant une nécessité d’intervention, on ne les retrouve pas au le front, mais plutôt à la maison!!


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Coucher de soleil sur le Mont Ste-Catherine, vu du Mont Sinaï.