Hacuna matata
Zanzibar
Vendredi 13. Nous nous levons à 4 heures du matin pour la plus longue journée de route de tout le circuit, 14 heures, en direction de Dar es Salam, le principal port de la Tanzanie. La musique du bar et le babillage tardif (pas épais les murs d'une tente!) nous avaient laissé une courte nuit de sommeil. Nous démontons la tente, la transportons au camion avec nos matelas et nos valises, manquons le déjeuner car il ne reste plus rien à manger ni pour préparer un lunch pour l'avant-midi.

Sur les bouteilles de bières Kilimanjaro, on peut lire: «If you can't climb it, drink it»
Au terme de cette journée, nous étions à la fois épuisés, découragés et déçus. Incapables de manger ou de profiter du camp situé sur une petite île, nous nous sommes isolés sur la plage afin de refaire nos forces. Il est grand temps de nous prendre en main et d'essayer de tirer le meilleur de notre circuit. Demain, nous pourrons nous reposer au Zanzibar.


Nous couchons à Stonetown, la capitale, dans un petit hôtel de la vieille ville. Demain, nous monterons dans le nord de l'île pour deux journées libres sur le bord de la plage.

Le complexe de petits «resorts» est complètement entouré de murs et des gardiens surveillent partout. Ça fait drôle, mais je peux comprendre que les touristes ne soient pas les bienvenus partout et qu'il faille les emprisonner pour mieux les contrôler... En général, la clientèle est très jeune. Le reagee et le disco se mêlent, et l'ambiance est à la fête.

Mardi, retour à Stonetown, dans le même petit hôtel. Nous profitons de quelques heures de disponibles avant la réunion de groupe pour aller nous mêler aux gens dans le marché public. Un peu téméraires malgré les invitations à la prudence que le regard des gens nous suggère, nous nous aventurons dans de petites allées et Luc se fait faire les poches par un vieux ratoureux qui se plaignait de s'être fait marcher sur les pieds. Ils ont plus d'expérience que nous! Pas trop de dommage: l'essentiel est sauf!!!!

En me relevant pour aller éteindre la lumière, je les ai vues... Des dizaines et des dizaines, des centaines peut-être... Des punaises! Le lit en était infesté et elles étaient déjà gorgées de sang. Le bouton panique nous a rappelé les drôle de piqures que Luc avait sur la main lorsque nous avions quitté cet hôtel trois jours plus tôt.
Nous avons ramassé nos choses en vitesse et changé de chambre. Mais là encore...
Après maintes et maintes vérifications, nous avons réussi à nous convaincre que nous étions enfin seuls et nous commencions à peine à nous endormir lorsque le fond du lit se détache et nous laisse en ballant sur le matelas... Chu assez fatiguée!

Pire encore, lorsque le brassage se termina enfin au bout de trois heures, Luc était totalement vidé et arrivait à peine à se tenir debout. «Prends ton temps» que je lui disais, pendant que les jeunes courraient littéralement vers le camion pour prendre les meilleures places pour la route à venir... mais ils nous ont attendus. Certains sont même revenus au bateau pour nous aider. Dans un cri du coeur, je les ai presque suppliés de nous épargner le supplice de la banquette latérale . Ils nous ont gardé deux sièges à l'arrière du camion, mais Luc faisait tellement pitié que deux bons samaritains, qui avaient été assez rapides pour mériter des sièges à l'avant, nous les ont laissés. Luc a mis une bonne heure avant de pouvoir lever les yeux du sol et monter dans le truck. Tellement dans les vapeurs, il en a mis trois autres avant de revenir avec nous.
Bienvenue sur terre...
Photos Zanzibar
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