Afrique australe 201

De nature sauvage? Curieux de nature...

Hacuna matata


Zanzibar

Vendredi 13. Nous nous levons à 4 heures du matin pour la plus longue journée de route de tout le circuit, 14 heures, en direction de Dar es Salam, le principal port de la Tanzanie. La musique du bar et le babillage tardif (pas épais les murs d'une tente!) nous avaient laissé une courte nuit de sommeil. Nous démontons la tente, la transportons au camion avec nos matelas et nos valises, manquons le déjeuner car il ne reste plus rien à manger ni pour préparer un lunch pour l'avant-midi.

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Notre esprit de groupe n'étant pas encore assez développé, nous n'avions pas non plus pensé que les jeunes auraient déjà réservé tous les sièges la veille et auraient laissé la banquette latérale aux vieux retardataires. Inconfort total! Pire, il faisait encore noir quand nous sommes passés à côté du Kilimanjaro et le guide n'a pas cru bon arrêter ou même daigné nous dire que nous étions à côté de cette montagne mythique. Nous sommes passés à côté du Kilimanjaro et nous ne l'avons pas vu... Incroyable!

Sur les bouteilles de bières Kilimanjaro, on peut lire: «If you can't climb it, drink it»

Au terme de cette journée, nous étions à la fois épuisés, découragés et déçus. Incapables de manger ou de profiter du camp situé sur une petite île, nous nous sommes isolés sur la plage afin de refaire nos forces. Il est grand temps de nous prendre en main et d'essayer de tirer le meilleur de notre circuit. Demain, nous pourrons nous reposer au Zanzibar.

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Samedi, 14 août, nous nous levons à six heures pour prendre le petit traversier de l'île, puis le bus pour traverser Dar es Salam jusqu'au port du grand traversier qui nous amène au Zanzibar. Les jeunes s'entassent dans la classe économique et nous nous faufilons en première classe, en haut sur le pont afin de respirer l'air frais et voir l'horizon pendant les trois heures de cette traversée plutôt tranquille.


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Notre camion est resté à Dar es Salam. Le Zanzibar se fera en minibus en commençant par la visite d'une petite ferme qui produit des épices. Une journée très agréable avec les gens de la place, une multitude de questions, autant de réponses, nous nous sentons ailleurs, ça sent et ça goûte bon, et c'est merveilleux. Les quelques heures passées sur les lieux sont fascinantes: vanille, macis, poivre, gingembre, cannelle, muscade, curcuma viennent tour à tour nous chatouiller les narines, puis viennent les fruits locaux et leur petite histoire. Visite très touristique mais instructive malgré tout. Déception? peut-être le fait d'apprendre qu'aucune des épices produites ici n'est indigène: ce sont les Arabes qui les ont importés d'Afrique parce que la main d'oeuvre était disponible et gratuite! Mais enfin!

Nous couchons à Stonetown, la capitale, dans un petit hôtel de la vieille ville. Demain, nous monterons dans le nord de l'île pour deux journées libres sur le bord de la plage.


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Dimanche - lundi, repos, repos, repos... De la bouffe indienne, des plages de sable blanc, des pêcheurs qui réparent leurs embarcations semblables aux felouques d'Égypte, quelques mots de Swahili, quelques Salam aleikum sur cette île musulmane, et de longues marches sur la plage à travers les gens du coin. La plupart sont très gentils et nous retournent nos sourires. Les femmes sont plus distantes et semblent se méfier des touristes. Il y a bien sûr les vendeurs de toute sorte, mais nous commençons à avoir beaucoup d'expérience pour prendre nos distances en douceur, avec le sourire et quelques expressions en Swahili qui les surprennent et les amusent à la fois.

Le complexe de petits «resorts» est complètement entouré de murs et des gardiens surveillent partout. Ça fait drôle, mais je peux comprendre que les touristes ne soient pas les bienvenus partout et qu'il faille les emprisonner pour mieux les contrôler... En général, la clientèle est très jeune. Le reagee et le disco se mêlent, et l'ambiance est à la fête.

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Nous, nous en profitons pour faire notre lavage et récupérer. Chanceux comme nous sommes pour nos nuits de sommeil, les fenêtres à la tête de notre lit donnaient directement sur les génératrices de tout le complexe hotelier. Nous nous en sommes rendus compte vers 23 heures la première nuit, et à 1 heure la deuxième. Chu assez fatiguée...

Mardi, retour à Stonetown, dans le même petit hôtel. Nous profitons de quelques heures de disponibles avant la réunion de groupe pour aller nous mêler aux gens dans le marché public. Un peu téméraires malgré les invitations à la prudence que le regard des gens nous suggère, nous nous aventurons dans de petites allées et Luc se fait faire les poches par un vieux ratoureux qui se plaignait de s'être fait marcher sur les pieds. Ils ont plus d'expérience que nous! Pas trop de dommage: l'essentiel est sauf!!!!

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Nous sommes retournés à l'hôtel un peu penauds, prêts à nous étendre avec un bon livre jusqu'à ce que le sommeil nous rattrape. Mais là encore...

En me relevant pour aller éteindre la lumière, je les ai vues... Des dizaines et des dizaines, des centaines peut-être... Des punaises! Le lit en était infesté et elles étaient déjà gorgées de sang. Le bouton panique nous a rappelé les drôle de piqures que Luc avait sur la main lorsque nous avions quitté cet hôtel trois jours plus tôt.

Nous avons ramassé nos choses en vitesse et changé de chambre. Mais là encore...

Après maintes et maintes vérifications, nous avons réussi à nous convaincre que nous étions enfin seuls et nous commencions à peine à nous endormir lorsque le fond du lit se détache et nous laisse en ballant sur le matelas... Chu assez fatiguée!

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Et pour couronner le tout! Le lendemain matin, une longue route de 12 heures nous attendait. Mais avant, nous devions prendre le traversier (3heures) pour retourner sur le continent. Quelques minutes après le départ, le bateau a commencé à se brasser de tous côtés et les préposés se sont mis à distribuer des sacs en plastique... Oh oh... Y'en aura pas de facile. Luc commençait à blêmir pendant que je me concentrais sur la musique de mon Ipod. Pendant ce temps, une télé diffusait de la propagande intégriste assez troublante. Rien pour nous ramener. Et ce qui devait arriver, arriva... Luc avait déjà la face dans le sac et était tout en sueurs quand mon tour vint et que j'abandonnai définitivement mes projets pour les Galapagos...

Pire encore, lorsque le brassage se termina enfin au bout de trois heures, Luc était totalement vidé et arrivait à peine à se tenir debout. «Prends ton temps» que je lui disais, pendant que les jeunes courraient littéralement vers le camion pour prendre les meilleures places pour la route à venir... mais ils nous ont attendus. Certains sont même revenus au bateau pour nous aider. Dans un cri du coeur, je les ai presque suppliés de nous épargner le supplice de la banquette latérale . Ils nous ont gardé deux sièges à l'arrière du camion, mais Luc faisait tellement pitié que deux bons samaritains, qui avaient été assez rapides pour mériter des sièges à l'avant, nous les ont laissés. Luc a mis une bonne heure avant de pouvoir lever les yeux du sol et monter dans le truck. Tellement dans les vapeurs, il en a mis trois autres avant de revenir avec nous.

Bienvenue sur terre...



Photos Zanzibar



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