Choc culturel...
Lundi 8 août. Luc me doit une bonne bouteille de vin sud-africain; il avait parié que la moitié du groupe aurait plus de 50 ans... Devinez! Nous ne réussissons même pas à faire monter la moyenne.
Ils ont à peine 20 ans, ils viennent d'Australie, de Nouvelle-Zélande, du Royaume-Uni, une Américaine, deux étudiantes de Vancouver, et nous, Québécois dans la vieille cinquantaine et dans la jeune soixantaine. Ils parlent anglais, du moins je crois, car je n'y comprends rien! En tous cas, ils parlent beaucoup, parlent et parlent sans arrêt. Ça babille, ça babille de tous côtés, puis ça lit, ça dort, et ça mange tout le temps. Ah! la jeunesse... Sept huit heures d'autobus, y'a rien là!
Nous nous sommes sûrement trompés de groupe. Deux générations nous séparent, une langue, des intérêts, des valeurs, un monde de différences.
Le group leader est Sud-Africain. Un petit blond à la Brad Pitt qui accorde beaucoup d'importance à avoir l'air cool en jouant au papa, lui qui est à peine plus vieux que cette bande d'ados. En transmettant les règles du jeu, il insiste sur «je ne veux pas le savoir». Drogue «je ne veux pas le savoir», prostitution «je ne veux pas le savoir», problèmes «je ne veux pas le savoir»...

L'autobus maintenant. D'abord, c'est un overland truck, un camion aménagé avec des sièges, des espaces de rangement, une cuisine au sous-sol... Le conducteur et le group leader voyagent dans la cabine avant et nous lancent parfois un ou deux mots par intercom. De notre côté, nous avons un petit bouton sur lequel nous pouvons presser quand nous avons besoin de sortir de notre cage, car la porte est fermée de l'extérieur et l'escalier est haut. Il n'y a pas de toilette, pas d'air climatisé, pas de rideau pour nous protéger du soleil. Les fenêtres ouvrent, bande de chanceux! Pour 22 personnes, il y a 20 sièges, dont certains à l'envers, et une banquette de côté. Pour le confort, on repassera...

Nous sommes arrivés à Arusha en fin de journée. Tout au long de la route, le paysage était beau et notre entrée en Afrique était assez enivrante, mais aussi épuisante considérant que nous n'avions pas très bien dormi à Nairobi. Aujourd'hui, c'est fête en Tanzanie, Nane Nane, tout est fermé et les guichets automatiques ne fonctionnent pas. Nous finissons par en trouver un qui nous donne un petit quelque chose. Pas le temps pour l'épicerie, car nous devons faire vite pour retourner à notre limousine et nous rendre à notre camp, le Snake Park.

Luc avait compris Snack Bar. J'ai commencé à m'inquiéter quand j'ai su que c'était un centre de protection pour les serpents, avec leur clinique et leur salle d'exposition... Il faisait déjà noir quand nous sommes arrivés. Nous avons monté la tente, pas si facile qu'ils disent dans la publicité, nous avons étendu nos matelas d'un pouce et demi, pas si épais qu'ils disent dans la publicité, nous avons cherché les toilettes et les douches, encore plus froides que...
Et nous nous sommes rendus au Bar... C'est là que nous avons appris que chaque camp a son Bar. C'est là que tout se passe, jour et nuit.
Un petit lunch, un petit speech, et nous quittons le groupe pour nous rendre à notre tente et jouir enfin d'un repos bien mérité. Mais avant de rentrer dans la tente, je jette un coup d'oeil derrière, là où un grand enclos protège quatre énormes crocodiles. Grrrrr... Bonne nuit!
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