La Havane
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22 janvier 2016
La Havane
Casa El Mirador, calle San Rafaël #752 e\Oquendo y Marqués González, centro Habana. Habitación 25Cuc y desayuno (très bien) 4CUC/per.
Il pleut…
Vue de l’extérieur, la casa se perd dans le béton gris empoussiéré et terne. Cependant à l’intérieur, au 3e, c’est propre et presque moderne. Une salle de bain neuve et un balcon avec une vue sur un coin de mer d’un côté et sur l’université de l’autre. Nous empruntons la rue San Rafaël pour nous rendre au centre-ville. C’est Cuba au quotidien avec ses crieurs, ses taxis qui demandent grâce et ses triporteurs omniprésents qui vous rentrent dedans à l’improviste. plus on approche de la Vieja Havana, c’est une spectacle troublant que ces structures rénovées qui en côtoient d’autres complètement délabrées mais encore comme désespérément habitées. Deux mondes, comme deux univers inconciliables que les touristes immortalisent sur leur selfie à travers les images de ce divorce intemporel. Tout au long du Malecon, on peut entrevoir des chantiers de rénovations pour de nouveaux hôtels ou des casas particulares destinés aux touristes. Si, pour plusieurs Cubains, le miracle économique attendu passe par le tourisme et la libre entreprise; pour d’autres, qui n’auraient pas accès à cette nouvelle économie, le vieux rêve communiste se perpétue dans les files d’attente pour less coupons de rationnement. mais ce soir, c’est Habana Centro, loin de l’action touristique, qui change de visage: petits marchés de légumes, petits revendeurs de tout et de rien, et la bière et le ron omniprésents dans chaque encoignure…Le spectacle, c’est la rue!
23 janvier 2016
La Havane
Il pleut encore un peu, mais c’est surtout le vent de force 5 qui impressionne…
Aujourd’hui, nous nous offrons un tour de ville (10CUC- le double de l’an dernier). Difficile d’entendre ce qui se dit. Nous nous contenterons de regarder. À cause du vent et des vagues qui envahissent et inondent les zones plus basses de la ville, le Malecon est fermé. Rien de tel pour attirer les touristes qui risquent une bonne douche pour un selfie! Nous profitons du bus pour nous rendre au terminal de Viazul pour échanger notre comprobante pour des billets de bus pour Varadero. Patience, patience, patience! Nous reprenons le bus touristique pour nous rendre dans le quartier IN du Vedado. Ancien quartier vibrant des années soixante, on y retrouve les bars plus huppés, plus jeunes de la ville. Quelques bornes Wifi attirent les attroupements.
Nous sommes de retour au centre-ville; puis dans le barrio Chino (qui n’a de chinois que le nom) plutôt calme, nous optons pour Le Mimosa, un petit resto italien qui a la cote. Il est 16h30, nous faisons la file. Patience, patience, patience. 17h45, c’est notre tour! des portions gargantuesques, gênantes presque pour ce pays. Le serveur sera presque offusqué qu’on ne reparte pas avec les restes de nos assiettes (une pratique courante ici). Nous demandons l’addition. Patience…
Désormais, ce sera une assiette pour deux, même dans un resto!
24 janvier 2016
La Havane
Le vent souffle encore, mais les nuages se dissipent…
La livraison des produits locaux tarde ce matin, nous déjeunons plus tard. Pas de presse. Nous croisons Wayne et Jinny, deux jeunes avocats de HongKong, qui récupèrent de leur décalage horaire. Échange intéressant sur les relations avec la Chine.
Nous retournons, à pied cette fois, vers la calle 23 (LA place) dans le Vedado. Nous ne sommes guère impressionnés par le bruit, la pollution, les bars, les hôtels fatigués… mémorandum d’un passé honni, désavoué ou tout simplement méconnu. Après nous être fourvoyés d’hôtel (plutôt cocasse), nous parvenons enfin à l’Hotel Nacional. De toute beauté, à la hauteur de sa réputation, c’est tout un pan d’histoire dans lequel on baigne sitôt franchie la porte du grand hall. Tout au long de l’escalier qui descend à l’étage de la piscine, des boutiques, des bars et de la salle à manger pour les petits-déjeuners, les murs sont tapissés de photos des personnages les plus illustres qui ont séjourné en ces lieux. Ça fait beaucoup de monde! Les jardins donnent vue sur la mer, sur le Malecon réouvert à la circulation (malgré les vagues) et sur la vieille ville.
Après avoir longé la mer, c’est le passage obligé dans le Callejon Hamel (on en fait mention dans tous les guides, pour la musique), presque impossible de s’y frayer un chemin tant cette ruelle est bondée de touristes et de quelques Cubains qui n’ont plus aujourd’hui de place pour y danser.
Ce soir, petit souper à la langouste à la casa que nous partagerons, un peu malgré nous, avec nos nouveaux voisins asiatiques et deux jeunes Danoises ou Suédoises qui viennent tout juste d’atterrir après un vol de 22h. L’atmosphère est un peu froid, mettons!
25 janvier 2016
La Havane
Le vent est tombé et le mercure aussi. Il fait 15C sous le soleil.
Dernière journée sous le ciel de La Havane, il fait beau. De notre balcon, un entrepreneur s’apprête à poursuivre ou terminer la réparation d’une section du mur de l’édifice au coin de la rue Marqués González. Il traîne derrière lui 3 sacs de ciment sur un plateau de bois monté sur des roulettes qui vont dans tous les sens… derrière lui, son assistant avec la truelle. Le chantier dure depuis que nous sommes arrivés. À tout moment, quelqu’un vient ramasser un morceau de pierre ou de brique qui jonche le pavé. Rien ne se perd, rien ne se crée ici. Dans la rue voisine, le livreur de pain approche… «Pan, galletas!»
Nous empruntons à nouveau la calle San Rafaël en direction du centre-ville; nous sommes déjà des habitués du quartier, à peine nous jette-t-on un regard à la dérobée. C’est le Habana Centro au quotidien. Nous rejoignons la centaine de personnes qui déjà dans le parc se positionnent sous le signal Wifi. Dernier coup d’oeil à l’horaire des vols, une dernière recherche de courriels. Nous arrêtons à l’hôtel Parque central pour échanger quelques euros, puis nous empruntons le Malecon jusqu’à l’Hotel Nacional, histoire de prendre quelques photos. Nous lunchons dans le parc de l’hôtel, face à la mer… avec une barre tendre!
Histoire de nous imprégner un peu plus de la ville, nous revenons par de petites rues…
En fin d’après-midi, nous reprenons le chemin du Mimosa, histoire de faire amende honorable… Après une heure d’attente résignée, nous commandons UNE seul pizza au pesto pour deux. Délicieuse, il n’y aura pas de reste!
Sur le chemin du retour, nous achetons une bouteille de Ron au dépanneur du coin.
Demain, lever tôt pour prendre le bus en direction de l’aéroport de Varadero.
Au final, nous aurons marché 62km La Havane.
26 janvier 2016
La Havane
Il fait encore noir, c’est frais mais la journée s’annonce belle
06h30. Je scrute la rue à la recherche du taxi promis par le proprio qui s’est occupé de la démarche. «No se preocupe!» Finalement, un geste de la main au coin de Oquendo nous annonce qu’il est là. Nous descendons les 3 étages et une fois devant la Chevrolet de «je ne sais plus quelle année». Elle refuse de démarrer!
Nous (le chauffeur et moi) devons repositionner l’alternateur qui glisse sur une courroie dont il ne reste que quelques fils… Notre chauffeur s’arme donc d’un bout de bois (trouvé sur le tas de débris laissé par l’ouvrier dont je vous parlais plus haut) et nous voilà à essayer de mettre la pression sur un boulon qui tient par la peau des dents… Miracle! Nous démarrons, mais pas question de stopper aux intersections et aux lumières, d’autant plus que la première vitesse glisse tellement qu’il faut repartir en 2e. Allons-nous nous rendre? Oui! Fenêtres ouvertes pour ne pas mourir asphyxiés. Tout ça pour 10CUC. Que d’émotions!
Les bus de Viazul sont ponctuels, cela peut sembler surprenant, mais c’est le cas. Nous longeons la côte vers Matanzas. Le paysage prend une allure plus tropicale avec ses palmiers et ses plages qui font déjà l’objet de spéculation des promoteurs immobiliers du Québec notamment.
Nous arrivons dans un aéroport presque désert. Dans quelques heures nous serons de retour dans l’hiver québécois. Quatre heures à peine nous séparent de notre destination.
On retourne à Cuba?