Le 30 septembre 2009
Bienvenue au Maroc!

IMG_1071
Nous voilà déjà rendus à Marrakech, sans encombres, heureux et fiers de l’être! Et Casablanca? Nous ne l’avons pratiquement pas vue! C’est dans une brume matinale à couper au couteau que notre avion s’est posé au vieil aéroport désaffecté de Casablanca. Il a été détourné vers cet aéroport parce que les Marocains ont peur de notre grippe H1N1 et redirigent les passagers qui proviennent d’Amérique du Nord afin de leur faire passer un contrôle de santé avant d’entrer au Maroc. Il détourne comme ça deux avions par jour. Nous avons eu la chance d’arriver en même temps qu’un gros 747 rempli à craquer d’Américains pressés. On aurait dit que les Marocains ne nous attendaient pas; il n’y avait que deux préposés au contrôle de santé et que deux douaniers à l’immigration. Ça a pris une éternité pour se rendre au vieux carrousel de valises que nous avons finalement regardé tourner avec les mêmes valises américaines pendant près d’une heure... Il faut dire que nous avions peur de manquer notre train pour Marrakech qui partait ...du nouvel aéroport!

Quand nos valises sont enfin apparues, nous avons trouvé un bus pour le nouvel aéroport, puis un guichet automatique qui acceptait nos cartes Desjardins à cinq numéros, puis la gare, puis des billets de train à payer comptant, puis le quai d’embarquement, puis le train. Tout ça avait près de 15 minutes d’avance! Il ne nous restait plus qu’à ne pas manquer la station où l’on devait débarquer pour changer de train...


Rachida 1ère
C’est à la gare de l’Oasis, où nous devions changer de train, que nous avons rencontré Ibrahim et, désolée, j’ai pas vraiment compris son nom. Appelons-la Rachida, et ajoutons un petit 1ère par respect pour son grand âge et aussi parce qu’elle est la première Marocaine que je rencontre. Nous avons donc rencontré Ibrahim et Rachida 1ère, un beau petit couple d’âge avancé, lui fier et souriant, elle discrète et curieuse à la fois. Ils étaient assis dans le même compartiment que nous. Depuis notre arrivée au Maroc que je me désolais de voir autant de femmes voilées, vêtues d’épaisse tunique suffocante, avec le regard d’un chat traqué. Je n’allais pas manqué ma chance de mettre mes préjugés à l’épreuve, d’autant plus que Rachida 1ère ne demandait que ça et qu’elle entendait à rire. Aussitôt que j’ai fait quelques simagrées pour trouver de la place pour mes bagages, elle m’a souri et est entrée dans le jeu.

Comme elle ne parlait pas un mot de français, j’en ai profité pour pratiquer mes 2-3 mots d’arabe. «Ismi Sylvie. Wa anti», que je lui ai dit avec assurance. Elle m’a regardé d’un drôle d’air, mais a tout compris quand je lui ai tendu la main. «Aaaaah! Ismi Rachida 1ère. Kaifa aluki ya Sylvie», qu’elle m’a dit. «Bi khayr, al Hamdu lila. Ana fin Canada.» «Ana fin Marrakech. Et abracadabra! J’ai trois enfants et une fille, ainsi que cinq petits-enfants et quelques petites-filles qui, je l’espère, trouveront un bon mari...» En fait, je n’ai pas compris grand chose et le abracadabra n’avait rien de magique, mais c’était très sympathique et ça m’a permis de casser la glace. Depuis, je souris à toutes les femmes, au cas où. Je ressens encore un certain malaise quand je ne peux pas voir leur réaction derrière leur voile, mais qui sait, peut-être que c’est un sourire...

Ibrahim et Rachida 1ère ont dû changer de compartiment quand le contrôleur est passé. Dommage. Tous deux nous ont donné une franche poignée de main, et Ibrahim nous a souhaité la bienvenue au Maroc en français, avec son plus beau sourire, pendant que Rachida 1ère opinait du bonnet avec complicité.


Le plusss meilleur pays du monde
Après cette brève rencontre tout en douceur, nous avons engagé la conversation en français avec Jamil, un né-natif de la place... qui a vite pris la mesure des étrangers que nous sommes. Préoccupé qu'il était de faire la leçon au Canada qui vient chercher les meilleurs médecins du Maroc sans rien donner en retour! Cela sans compter les électriciens, les mécaniciens et les infirmiers qui viennent gagner des fortunes chez-nous! «Quand on sait qu'un médecin gagne 60 000$ par année aux USA!»

Notre voisin est décidément bien renseigné! Il en fut ainsi durant les longues heures que la contiguïté du compartiment nous a contraints à partager. «Le Maroc a mis sur pied des programmes pour venir en aide aux femmes,» nous a-t-il expliqué... Ainsi elles peuvent ramasser les figues de Barbarie et en faire des confitures que l'on retrouve sur le marché... Elles peuvent aussi travailler à la collecte des graines d'arganier dans le fumier de chèvres, dont on extrait une huile miracle.» Je vous en reparlerai.

Un premier contact enrichissant: Le Maroc serait-il en train de supplanter le Canada au titre du «plusss meilleur pays au monde»? On va mettre un homme là-dessus.



Le 1er octobre 2009
Marrakech Express

IMG_1044
Avant de partir pour le Maroc, mon chum m’a fait écouter une vieille toune de Crosby & Nash qu’il fredonnait dans sa lointaine jeunesse. C’est l’histoire d’un gars qui prend toutes ses petites économies pour amener sa blonde à bord du Marrakech Express. Pour qu’elle s’en rappelle, et lui en soit éternellement reconnaissante, il lui chante sans cesse le même refrain sur une mélodie accrocheuse. Résultat? Depuis ce jour, nous fredonnons cette toune de manière obsessive...

Pour conjurer le sort et pour partager cette obsession avec vous, nous vous invitons à bord du Marrakech Express, un périple de 2 minutes 35 qui vous transportera dans un nouvel univers...

Cliquez sur Marrakech Express.

Ah oui... si vous cherchez la blonde dans ce clip-vidéo, dites-vous que ça prend quelqu’un derrière la caméra!



Le 2 octobre 2009
Gazelle et Moustache s’en vont au marché!

IMG_1019
La police touristique est omniprésente à Marrakech, ce qui oblige les rabatteurs à une plus grande subtilité. Ils nous offrent donc un marché à relais... Un individu vous croise, vous guide, vous met en garde contre les arnaques dans les souks et vous suggère de passer par la rue de la coopérative qui vient en aide aux femmes et aux enfants. «Ouverte une seule journée par semaine, aujourd’hui, bande de chanceux!» Il vous indique le chemin, vous souhaite un bon séjour et disparaît. Wow! Quelle amabilité! À ce moment, un autre samaritain se présente... C'est pas possible, quelle gentillesse! Et nous visitons «pour le plaisir des yeux seulement» une coopérative de tapis faits par des femmes berbères, puis une boutique de produits pharmaceutiques approvisionnée par des femmes... Sylvie prend un petit massage et nous y faisons provision d'huile d'arganier à prix fort... Cette huile, aux propriétés magiques, guérit le psoriasis, le mal des femmes(?), fait repousser les cheveux, renforce les muscles, efface sur la peau les clous de cercueil, les poussières d'âge et enfin, en infusion, favorise le sommeil. Qui dit mieux. «On donne un petit cadeau à la gazelle...en souvenir!» La moindre des choses!!! On est finalement redirigés vers la Caverne d'Ali Baba, sorte de Greenberg des années 50 dont on s’échappe assez vite. Allez, viens-t’en Gazelle!

On poursuit donc vers la place Jeema el Fna. «Bonjour Moustache! Tu viens de la France?» On n'avait pas fait 20 pas que c'est ainsi que je me fais apostropher par une personne tout sourire pour aller visiter en «secret» une tannerie tenue par des Berbères. Peut-on refuser? Et tout de go nous voilà dans le souk du cuir caractérisé par ses odeurs pestilencielles. Visite instructive qui se termine dans une boutique qui vend des objets de cuir... cousus par des femmes! Une brève visite à La place Jeema el Fna et hop! À la maison, ou plutôt, à l'hôtel!

Là-bas, Moustache et Gazelle se remettent de leur journée sur leur mini balcon, devant un superbe coucher de soleil et deux bières bien fraîches.

Voici pour l’ambiance... Place Jeema El Fna



Le 4 octobre 2008
Salam aleikum!

Nous quittons demain Marrakech pour Ouarzazate, petite ville plus à l'est au pied de l'Atlas. Ces derniers jours nous auront permis d'apprivoiser le Maroc ou plutôt un Maroc aux confins de l'Afrique et aux portes de l'Europe. Nous l'avons arpentée de Gueliz avec ses boutiques griffés jusqu'à la Médina avec ses étals indescriptibles et ses cafés d'une autre époque, sous un soleil accablant. Nous avons pris plaisir à nous perdre dans les souks, à flâner sur la place Jeema el Fna, à croiser sa faune de dompteur de serpents, de singes, de conteurs, d'apprentis sorciers et de rabatteurs souriants... Nous nous sommes laissés embobiner pour visiter des coops, des tanneries, des boutique de cuir, de produits pharmaceutiques, de tapis, toujours avec le sourire.

Nous avons joué le jeu et... nous avons gagné au change.

À partir de demain, nous allons vers le Maroc intérieur, mais aussi vers la capitale du cinéma africain; là où on a tourné Un thé au Sahara, Le Gladiateur, La diamant vert du Nil...
Inch Allah!





Allez voir les photos de Marrakech...