Del Rio, Texas
30 avril - Seminole canyon SP, Texas
Quelle journée! Nous devions arrêter à Austin, mais...
The call of the wild! Rendus à Houston, nous avons contourné la ville qui n'en finissait plus. Centre d'achat après centre d'achat, nous avons décidé que nous en avions assez de la ville. Nous sommes passés tout droit à l'intersection pour Austin et avons roulé sur les routes du Texas sans trop savoir où elles nous mèneraient.
De raffinerie en raffinerie, nous nous sommes rendus à San Antonio, l'avons contourné, et l'univers s'est transformé. À croire que nous n'étions plus au Texas, plus tout-à-fait aux États-Unis, beaucoup au Mexique, de plus en plus dans le désert , mais surtout dans l'univers des
Border Patrols. Déjà, il y avait des affiches qui nous disaient de ne pas prendre les pouceux, car ils étaient peut-être des prisonniers évadés. S'ajoutait maintenant la peur des envahisseurs...
La route est devenue plus étroite, il y avait moins de voitures, que les camionnettes blanches des protecteurs de la frontière, à la recherche d'illégaux, de passeurs, de vendeurs de drogue, de chefs de cartels, de démocrates, de hippies, peut-être même de Québécois perdus...
Aucun State Park à l'horizon, ni de place pour faire changer l'huile de la van. Des petits villages perdus, des maisons abandonnées, même pas de pouceux... Plus on approchait de la frontière, plus il y avait de camionnettes blanches. Puis les barrages ont commencé: «Where are you going? Is there anybody else with you? Do you have a visa?»
Nous commencions à être fatigués. Le soleil était de plus en plus bas, et pas plus de camping ou de villages qui se respectent. Un vrai décor pour «La nuit la plus longue» de Tarantino.
Nous nous sommes rendus à Del Rio, prêts à dormir à l'hôtel. Mais là encore, ce n'était pas très rassurant. Nous avons poursuivi la route jusqu'à un State Park qui, nous l'espérions, serait plus accueillant ou tout au moins «ouvert». Seminole Canyon SP, sur une butte en plein désert. Avant d'entrer, j'ai dit à Luc «Si y'a personne, moi j'reste pas icitte!» Il n'y avait personne à la guérite, seulement des enveloppes dans lesquelles on devait mettre les 23$ nécessaires pour passer la nuit au camping. Nous sommes montés sur la butte, et c'était maaaaagnifique!
Il y avait quelques campeurs et l'ambiance était très sympathique. Une belle brise et une bonne bière, j'étais revenue à moi et je pouvais apprécier le décor et oublier le scénario de Tarantino.
Il est temps d'aller se coucher. C'est alors que l'orage a commencé... De tous les côtés, des éclairs et des éclairs qui déchiraient ce ciel de ténèbres, un petit peu de tonnerre, quelques gouttes de pluie et un vent d'enfer rafraichissant.
Nous avons très bien dormi...
À suivre...
Big Bend NP, Texas
1er mai - Canyon Village - Big Bend NP, Texas
Et au matin, nous étions encore aussi fascinés par ce décor désertique surréel, si bien que nous en avons profité pour faire une randonnée dans le petit canyon. Et après, la route...
Nous devons nous rendre à Big Bend NP, un très grand parc qui longe la frontière mexicaine. De Del Rio à Marathon, où l'on peut prendre la route pour le parc, il n'y a pratiquement pas âme qui vive. Nous pouvons donc oublier le changement d'huile. Nous commençons même à nous inquiéter pour l'essence, la bouffe et la bière... Comme il n'y a pas grand chose à Marathon, nous passons tout droit pour nous rendre à Alpine, une plus grande ville qui nous oblige à changer de route pour le parc, mais ça valait la peine pour l'essence, la bouffe, la bière. Pas encore pour le changement d'huile. Nous avons fait beaucoup plus de kilométrage que prévu et avons largement dépassé les limites pour changer l'huile et le filtre.

Nous prenons la route pour le parc, une terre aride, pays du yucca, où se dressent quelques montagnes et où s'étendent les vestiges de l'exploitation minière d'une autre époque. Nous approchons des frontières et la paranoïa de la protection de Mère patrie se fait encore sentir. «Where are you going?» Is there somebody else with you???» Rendus au camping de Rio Grande Village, Il fait affreusement chaud. Nous sommes pratiquement seuls, pas d'électricité, pas de douche, mais de vraies toilettes où il y a de l'électricité. Nous y mettons notre frigo pour la nuit et nous nous installons pas trop loin avec vue sur les falaises des montagnes Del Carmen au Mexique. C'est vraiment beau.
Ici, la frontière du Mexique est dessinée par le Rio Grande et, comme il n'y a pas beaucoup d'eau à cette période-ci de l'année, elle se traverse à pied ou en chaloupe. À Boquillas Canyon, où nous sommes allés en fin de journée, les Mexicains traversent la frontière et mettent des articles d'artisanat pour les vendre aux touristes qui n'ont qu'à mettre de l'argent dans un pot placé à cet effet. Les Mexicains reviennent chercher l'argent après. Ça peut paraître charmant à première vue, mais pas avec la paranoïa du
«after nine eleven». Il y a des affiches partout interdisant de traverser la frontière, de faire des transactions avec les Mexicains et même de posséder de l'artisanat mexicain... Un Mexicain à cheval en a vendu une plein poche à un couple pendant que nous étions là. Nous sommes partis discrètement, sans n'avoir rien vu...
De retour dans notre camping solitaire, nous avons essayé de dormir dans cette chaleur accablante. Impossible! En plus, je me suis remise à participer à la paranoïa collective. J'entendais toute sorte de bruit, en espérant que ce soient des Javelinas (ces porcs sauvages qui justifient la présence d'une boîte à bouffe en métal à chaque site du camping), mais dans ma tête, je savais très bien que le scénario de «La nuit la plus longue 2» se mettait tranquillement en place. À 5h du matin, les phares d'une auto déchirent le ciel étoilé et s'éteignent devant les toilettes tout près de notre site. Des portes qui se ferment discrètement, des chuchotements, des faisceaux de lampes de poche qui se dirigent un peu partout. Personne n'entre dans les toilettes. Des gens, je ne sais pas combien, se promènent et semblent chercher quelque chose, ou quelqu'un... Ça dure près d'une heure, le jour se lève, puis un homme et une femme vont aux toilettes et repartent.
Il faut vraiment aimer les oiseaux pour les chercher en pleine nuit et participer à mon scénario!
Guadeloupe Montains NP, Texas
2 mai - Pine Spring, Guadeloupe Montains NP, Texas
Au matin, je suis vraiment poquée. J'essaie d'étirer un peu le sommeil matinal pendant que Luc va marcher avec les coyottes et les
Road Runners. Il fait son brave en se moquant de mes scénarios, mais il sursaute d'effroi lorsqu'une tourterelle se pose subitement à côté de lui. Il faut dire qu'elle avait l'air particulièrement menaçante avec ses petits yeux ronds et son roucoulement agressif...
(Luc se dissocie de cette perception... une surprise oui, mais pas plus!)
Trêve de Tarantino, il faut en venir à l'évidence, il fait vraiment beaucoup trop chaud dans la van pour dormir, même avec le merveilleux ventilateur de Luc. Nous décidons de raccourcir notre séjour ici et de remonter vers le Nord.
La route du Big Bend Ranch SP longe encore la frontière et les décors abandonnés du Far West défilent devant nous. Les barrages et les camionnettes blanches se multiplient, et nous commençons à avoir hâte de quitter ce coin de pays.
Nous nous rendons jusqu'au Guadelupe Montains NP. Nous sommes accueillis par le vent. Pas d'électricité, pas de douche, mais une vue superbe, de très beaux sentiers et une multitude de
hikers de tous les âges.
On trouve ici la plus haute montagne du Texas. En haut, il y a une pyramide en stainless qui était jadis un point de repère pour le courrier par avion. Inutile de vous dire que nous n'avons pas été voir...
Après une petite randonnée en montagne, juste assez haut pour prendre des photos, nous sommes allés faire dodo...

Carlsbad Caverns NP, New Mexico
3 mai - Leasburg Dam SP, New Mexico
La nuit était fraîche, mais le vent ne nous a pas quittés, si bien que la van s'est fait brasser toute la nuit et nous aussi par la même occasion! Rien pour nous aider à rattraper le sommeil perdu au cours des dernières nuits.
Ce n'est pas grave, il y a trop de choses à voir et nous ne négligerons rien pour visiter les USA en profondeur. Nous quittons le plus haut sommet du Texas pour nous rendre dans les profonds corridors souterrains de Carlsbad Caverns, 100 km plus loin, 800 pieds sous terre.
Ça prend une minute pour descendre en ascenseur, une vitesse semblable à l'ascenseur de l'Empire State Building.
Pour rester dans les plus plus plus, nous atterrissons, ou sous-atterrissons, dans la
plusse grande chambre souterraine en Amérique. Stalactites, stalagmites, popcorn, draperies, etc., avouons que c'est assez impressionnant. Il y a même un restaurant et une boutique-cadeaux...
Après cette visite, nous revenons sur nos pas pour passer à El Paso pour le changement d'huile. Finalement, nous passons tout droit et nous nous rendons à Las Cruces, une ville bien sympathique avec un super garage Toyota. Nous y passons plus de temps que souhaité et nous décidons de rester dans le coin pour la nuit.
Le State Park le plus près est à 50km au Nord. Il y fait très chaud, encore, mais nous y avons électricité, eau et douche. En prime, une palapa, style Nouveau-Mexique en adobe, pour nous protéger du soleil.
Un petit souper vite fait et on va se coucher en même temps que le soleil.

White Sands NP, New Mexico
4 et 5 mai - Catalina SP Arizona
En voyage, il y a souvent de belles surprises qui nous encouragent à être ouverts à l'imprévu et à profiter du moment présent. À Las Cruces, des gens nous ont parlé de White Sands, qui n'est pas un National Park mais un National Monument (question de financement). On en entend moins parler et ils se trouvent souvent à l'extérieur des circuits classiques.
Nous avons beaucoup hésité avant de prendre la route pour White Sands qui se trouve à une centaine de km à l'Est de Las Cruces, un aller-retour qui s'ajoutait à la distance que nous devions parcourir pour atteindre Tucson, soit 440 km à l'Ouest. Mais ça valait la peine!
Une mer de sable blanc! qui apparaît tout d'un coup, venant de nulle part. Pas un carré de sable, 275 milles carré de désert, des dunes et des dunes d'un blanc éclatant, aveuglant. Les yeux grand ouverts pour ne rien manquer, nous en pleurions et nous n'arrêtions de dire combien c'était beau!
Ce sable est en fait du gypse comme celui qu'on met sur nos murs. Normalement, il se dissout à l'eau et est transporté vers la mer. Mais ici, il a été emprisonné dans le bassin qui s'est desséché au fil de plusieurs millions d'années. Le gypse se cristalise et le vent le transforme en sable, puis en dunes, et etc.
Ne m'en demandez pas plus... Tout ce que je sais, c'est que nous nous retrouvons dans un environnement vraiment spécial auquel la faune et la flore ont dû s'adapter. Il paraît que même les lézards sont blancs!
Il n'y a pas que les lézards de bizarres... Il faut voir les tables de pique-nique avec un pare-vent en aluminium et les jeunes qui glissent dans les dunes avec leurs soucoupes multicolores. C'est hallucinant!
Des autobus de touristes débarquent dans le milieu des dunes, prennent des photos et repartent. Nous avons fait la même chose. Nous avons essayé de marcher dans un sentier balisé, mais nous n'arrêtions pas de pleurer. En ce qui concerne les photos, comme c'était très difficile d'ajuster la luminosité, ça donne des effets spéciaux et ça permet à Luc de flotter au dessus des dunes comme dans la photo ci-dessus.
Nous avons adoré White Sands. Mais il était grand temps de prendre la route pour Tucson, Arizona.
Nous avons parcouru 746km et nous étions épuisés à notre arrivée à Catalina State Park, en plein désert, rempli de Saguaros, mais surtout avec de superbes douches...
Le lendemain, nous n'avons rien fait, seulement sué...

Saguaro NP, Arizona
6 mai - Dead Horse Ranch SP
Le Saguaro (prononcé sawaro) est l'emblème de l'Arizona et peut-être même de tout le désert du Sonora, je n'en suis pas sûre.
C'est un cactus absolument impressionnant dont la croissance est très lente. Ça prend une quinzaine d'années pour atteindre un pied de haut et une centaine pour ressembler à celui de cette photo. Le Saguaro National Park a été créé pour protéger cet arbre qui est en danger d'extinction. Il est défendu d'abattre un saguaro, pas seulement dans le parc, mais partout dans l'état.
Les saguaros sont présentement en fleurs et ça fait tout un effet d'en voir des centaines et des centaines à perte de vue.
Une promenade sur les routes de terre du back country nous permet de nous en mettre plein la vue.
Après... On the road again...
Nous quittons Tucson pour le Nord, le plus au Nord possible.
Il fait trop chaud ici...
Les kilomètres s'étirent sur des routes rectilignes à 130km/h sous un soleil de plomb. Une chance que la voiture est climatisée. Nous contournons Phoenix et nous devrions bientôt arriver en quelque part.
En fait, nous sommes en direction de Zion. Nous voulions arrêter au Grand Canyon, au North Rim, mais cette section du parc n'ouvre que le 15 mai. Nous nous rendrons donc directement à Zion. Comme la route est longue, nous devons la couper en deux en dormant en quelque part, près de Flagstaff. Nous avons choisi Dead Horse SP. Pourquoi? Sais pas. Peut-être le nom...
Nous n'avons pas eu de problèmes à trouver des campings à date... mais mon petit doigt me dit qu'on pourrait avoir des surprises dans les grands parcs des canyons et des Rocheuses. Tant qui fait beau et que la van avance...
Ah oui!, dites à Victor que nous avons vu un beau gros serpent juste à côté de notre table de pique-nique. Brrrrr...
Nous avons un petit film pour lui.

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Montage photos