Des trullis, incroyable mais vrai...

Le jeudi 27 avril

La marée est forte ce matin. Les croissants sont livrés au site même par nul autre que le fils du proprio, si beau, si charmant, …si Italien. Ouais!!!!

Sur la ligne d'horizon s'étire un épais fil jaune de pollution emprisonné par les montagnes; la brise matinale apporte parfois jusqu'ici des relents de fuel qui jugule le parfum lourd et troublant des pitospiti imprégnant le camping depuis notre arrivée. Pitospiti, nom d'une plante verte à fleurs blanches selon notre bel Italien, si beau, si charmant,…si Italien...

Nous quittons Salerno pour nous rendre à 295km au sud-est, dans Les Pouilles, à Alberobello. Une trentaine de km avant d'arriver au village, nous commençons déjà à voir surgir des trullis dans les champs et auprès des résidences agricoles. Ces drôles de maisonnettes rondes, toute en pierres, ont été transformées au fil des ans en bâtiments utilitaires. Nous sommes tout excités de voir que ce ne sont pas juste des gadgets touristiques, mais c'est encore impossible d'arrêter prendre des photos dans ces routes étroites bordées de murets de pierres qui servent de pistes de course aux Italiens toujours pressés.

Nous arrivons tôt au camping Bosco Selva, à une vingtaine de minutes de marche du village où nous nous rendons aussitôt. Wow! Des trullis partout, que les gens habitent encore en 2017. Nous avons l'impression de nous retrouver dans un village de Hobbits ou en encore dans quelque village médiéval... Dans la campagne environnante, ces mêmes trullis servent à entreposer les produits ou les outils de la ferme. Ici, en plus des résidences admirablement rénovées, on en retrouve certaines transformées en boutiques, d'autres en musées, tourisme oblige!
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On ne peut expliquer l'origine de ces trullis qui résistent aux siècles. Certains leur prêtent des origines asiatiques en raison de leurs formes rondes, en pierres chaulées, surmontées d'un toit conique en pierres plates. À l'intérieur, une ou deux pièces et une chambre peut-être dans les combles (les pignons).

Après avoir arpenté les ruelles en compagnie d'une multitude de groupes scolaires, nous retournons au camping où notre site semble désormais au milieu de l'action et offre peu d'intimité. Il fait froid et nous sommes fatigués. Nous dévorons nos pâtes en vitesse pour éviter que la douzaine de chats ne sautent dans nos assiettes. L'un d'eux essaie de nous charmer et nous lui attribuons tout de suite un nom qui lui va à merveille: "L'Italien"... Il est temps d'aller faire dodo!


Le vendredi 28 avril

Aujourd'hui, changement de décor, de ciel, de température. Nous quittons Alberobello pour Pineto, plus au nord. En passant par la campagne, nous observons d'autres trullis consacrés à l'entreposage surtout. Nous parcourons ainsi environ 360 km qui traversent des plaines d'agriculture intensive, puis des collines à perte de vue d'oliviers et de vignes... difficile de croire que l'Italie doive importer de l'huile d'olive!

Plus au nord, les pics enneigés sont assiégés par les nuages et le vent qui déversent là-bas de la neige et ici, de la pluie.

On joue de l'embrayage: les limites de vitesse changent au rythme des courbes et des villages... nombreux! Nous laissons derrière nous le spectacle de la neige et de la pluie pour nous diriger vers la côte...

En fin d'après-midi, nous entrons à Pineto. Notre GPS nous laisse à nous-mêmes, mais nous trouvons le camping avec sa piscine olympique, son bar, son amphithéâtre, son restaurant et son marché matinal. L'achat du pain frais le matin est, depuis notre arrivée en Italie, incontournable.

Ce soir, nous nous endormirons au son des vagues de l'Adriatique devant nous et au rythme des convois de Tren Italia en arrière.

Une petite pluie nous rattrape en fin de journée et durant la nuit.

Au menu ce soir: spaghetti au pesto arrosé de parmegiano et d'un petit rouge.
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Le samedi 29 avril

Il vente et il fait frais sur l'Adriatique ce matin. Mais la plage est invitante et nous nous dirigeons vers le village en longeant les résidences d'été abandonnées encore pour quelques semaines.

Nous nous rendons au marché pour les légumes et les fruits.

Sylvie va bouder tout l'après-midi parce qu'on a pas fait le marché au Conad en même temps... Luc va arranger ça avec un coquelicot rouge, mais il devra retourner au marché... tout seul!

Curieux camping coincé entre des collines d'une part et la mer de l'autre côté ... comme dans un écrin.

Nous revoyons notre petite famille anglaise qui a tout laissé pour entreprendre dans une fourgonnette de travail, un tour d'Europe sans échéance. "Great oportunity for the kids!", nous a laissé entendre le père fier de son initiative. "It's easy for them to learn a new language with Google and songs." Nous leur souhaitons de la chance... Au mieux, ils pourront sans doute glaner quelques mots d'allemand. Ils sont omniprésents.

Ce soir au menu: artichauts, aubergine, salade et petit rouge italien.