Une montagne n'attend pas l'autre...

Le jeudi 15 juin

Quel orage cette nuit! Il a fallu vérifier la bâche périodiquement, histoire d'éviter que le poids de l'eau ne fasse s'écrouler la fragile installation... nous avons survécu!

Au matin, le ciel se dégage, mais la pluie s'annonce encore pour les prochains jours. Nous décampons pour rejoindre la vallée d'Aoste.

Encore une fois, quelle route! Nous croisons de petits villages accrochés aux parois des montagnes, des rizières, des champs de maïs. La Renault se colle aux routes tatouées à flanc de montagnes et se moule aux courbes qui zigzaguent dans la campagne italienne. Quel plaisir!

En pm nous arrivons dans la commune de Sarre, au Monte Bianco, un petit camping sympathique. Un proprio verbomoteur nous y accueille. Notre site, en bord de la rivière Sarre offre à nouveau une vue imprenable sur les montagnes et les vignobles environnants. Une belle découverte que ce village endormi de quelque 5 000 habitants avec ses buvettes tranquilles, ses jardins attachés à presque toutes les maisons... le calme!

Au menu: en entrée ciabatta huile d'olives et vinaigre balsamique, crevettes, salade de riz sur laitue et vino bianco des 11 comtés.


Le vendredi 16 juin

Au terme d'une nuit chaude et humide, la fraîcheur s'installe tôt le matin... juqu'au lever du jour. Le soleil tape déjà. Et nous avons fort à faire pour trouver de l'ombre.

Nous avons trouvé, dans une petite ruelle jouxtant l'église, une boulangerie de quartier qui prépare des croissants et des pains locaux extraordinaires. La marche de 20 minutes à travers les côtes du village pour la dénicher en valait la peine!

Projet du jour? Le téléphérique du côté de Courmayeur... mais auparavant, une visite à la boulangerie de la commune à l'ombre de l'église Saint Maurice. On la reconnait à sa raison sociale "boulangerie" écrite à la main sur la porte. L'odeur ne nous trompe pas. Sympathique boulangère chez qui notre italien suscite des sourires patients. Nous repartons avec croissants et pain au nom imprononçable mais savoureux.

Nous sommes prêts pour la route. Nous traversons des villages dont les maisons sont couvertes de grandes pierres d'ardoise, le décor nous séduit jusqu'à ce que, ratant une sortie, on se perde pour se retrouver sur l'autoroute des tunnels. Plus moyens d'en sortir. 6,50€ plus loin nous retrouvons la route pour Sarre. Nous ne retrouverons jamais la sortie pour Courmayeur! Mais heureusement, nous avons réussi à faire un U-turn pas très légal pour éviter de rentrer dans le tunnel du Mont Blanc. Bien fait, vite fait! Peut-être trop vite pour voir des caméras...

En soirée nous assistons à un enterrement de vie de garçons, sur le site voisin du nôtre... Ça ressemble aux excès qu'on connaît ici sauf que cela se déroule en italien!


Le samedi 17 juin

Encore un soleil radieux... nous en profitons pour pousser une pointe vers le Cervin. La route encore une fois est fascinante: des villages de pierres traversés par des rues d'une autre époque, étroites, crochues, aveugles. Ruelles où la Renault se fraye un chemin en frôlant les murs sous la supervision inquiète de vieilles femmes au regard perdu dans un autre âge... Nous sommes ailleurs, vraiment ailleurs!

Plus loin, jaillissent des châteaux ou des ruines de châteaux vestiges du Moyen-Âge... Plus rares, quelques vestiges de l'époque où les armées romaines et les marchands passaient ici par "la route des Gaules" pour rejoindre la ville de Lyon.

Trêve d'histoire... nous sommes harcelés par des hordes de motards vêtus de leur armure de Kevlar et chevauchant BMW ou Ducati qui, à l'improviste, dépassent à des vitesses qui défient l'imagination!

Il faudra s'y faire. Au fur et à mesure que nous approchons des Alpes, ils seront de plus en plus nombreux à partir à l'assaut des cols alpins.

Nous rejoignons le calme de notre commune en fin pm.

Au menu ce soir: foccacia et huile d'olive, saumon fumé et pommes de terre au romarin; le tout arrosé d'un blanc de la vallée d'Aoste.


Le dimanche 18 juin

Après une brève planification des jours qui viennent, nous quittons pour Pré Saint-Didier, à peine une heure de route. Nous posons nos pénates au camping Arc-En-Ciel. Une affaire de famille ici, avec son resto et ses permanents. La vue sur les contreforts rocheux est impressionnante, surtout avec le lever su soleil!

Une fois inscrits, nous nous apprêtons à réaliser un moment tant attendu pour le chauffeur: franchir le col du Petit Saint-Bernard! Une route en tête d'épingle, des crissements de pneus, de petits dérapages, des freinages impromptus, des accélérations subites (j'aurais aimé écrire foudroyantes, mais nous avons une Renault Kangoo alors...). Je ne parlerai pas des motos en folie, des vaches qui empruntent la route, de la neige encore en bordure... Nous avons franchi la frontière avec la France incognitos sous un soleil radieux. Tout le monde est tout sourire. Deux balles de neige et nous prenons le chemin du retour qui nous offre un nouveau paysage aussi étourdissant. Quelle virée!

Au souper, nous dégustons la meilleure pizza du voyage. Ça vaut le coup de sortir une bouteille de Barbero d'Asti 2015.


Le lundi 19 juin

Aujourd'hui, départ pour la Suisse sous un soleil radieux et un 30°C bien senti.

Objectif UN: le col du grand Saint-Bernard. Le high light de la journée! La Renault enfile les courbes de la montée au milieu de motos (encore) qui défient la route et les lois de la circulation à qui mieux mieux. Elles arrivent en solo, en tir serré en face, au détour d'une épingle en milieu de route... ou pire elles sortent de nulle part en arrière de la voiture et se glissent entre deux voitures... On croisent quelques cyclistes suicidaires...

Au somment du col, à 2473 mètres, l'hospice du Grand-Saint- Bernard accueille annuellement 20 000 visiteurs et randonneurs. Les Romains y avaient à l'époque des conquêtes bâti un temple dédié à Jupiter, on peut en voir les vestiges. La vue est imprenable.

La descente du côté suisse est spectaculaire: la route étroite qui longe un ravin n'est marquée que par des balises de roches, quelques rails parfois... Sylvie trouve que la marge de manoeuvre est mince! Une belle conduite sportive!

Nous débarquons à Le Bouveret, un petite localité dans le Valais au bord du lac Léman. Nous avons trouvé le camping Rive Bleu, un endroit calme d'où nous pourrons explorer le village.

Le camping est presque vide... les vacanciers ne commenceront à arriver que dans quelques jours nous laissant maintenant le choix de l'emplacement. L'ombre se fait rare, mais nous pourrons utiliser aussi le site voisin.

Après un souper de fusilli al pesto, arrosé d'un Bordalino d'Asti, nous empruntons la promenade qui mène au centre du village. Il est 21h30 et il fait 26°C.