Quelques jours de plus au paradis...

Le lundi 22 mai

La tente est montée... au cas où le scénario du pire soit envisageable (si Skippy devait rester au garage pour quelques jours). Mais surprise, il démarre au quart de tour. Parfait! Le problème doit être réglé. Profitons de cette merveilleuse journée pour faire de nouvelles découvertes sans nous préoccuper des caprices de Skippy.

Nous nous rendons à Ston pour affronter sa muraille de 7km. Nous arrivons vers 12h en même temps que deux bus de touristes: un, chargé de personnes très âgées et pas vraiment en état de gravir la muraille et le deuxième chargé de dames japonaises en quête de selfie et de toilettes. Bref, nous serons seuls sur le «Baby Wall of China», la plus longue muraille d'Europe.

Le village est agréable et la muraille, qui s'élève à flan de montagnes, est vraiment impressionnante. Le personnel à l'accueil entend à rire et n'hésite pas à blaguer sur le nombre de marches et les mesures croates de distance et de temps. «One hour, not more!», nous lance-il lorsque nous amorçons notre ascension des marches de pierres qui montent et montent sous un soleil de plomb. En nous basant sur leurs judicieuses recommandations, nous avions bien sûr choisi la longue randonnée qui mène jusqu'au village de Moli Ston. Nous commençons à nous inquiéter en nous rappelant que nous n'avons payé que pour deux heures de stationnement, que nous avons flâné dans le village et que nous avons placotté à l'accueil! Nous nous rappelons également le nombre de policiers autour du parking et la mauvaise réputation de la Croatie en matière de ticket de stationnement... Nous pressons le pas et suons à grosses gouttes, mais sans nous priver du plaisir de traverser cette drôle de muraille et de prendre le temps d'admirer chaque point de vue, tout en reprenant notre souffle...

Avec ses plusieurs tours et ses forts, cette muraille fut un ouvrage de fortification contraignant à bâtir compte-tenu de la raideur de la montagne et de l'épaisseur des murs (3-6m). On procède actuellement à sa restauration avec le matériel d'époque et selon les devis de l'époque: un ouvrage fascinant.

Ne nous demandez pas à quoi servait vraiment cette muraille, ce qu'elle protégeait et pourquoi. Les villes de Ston et de Mali Ston n'ont été construites qu'après les fortifications et devaient servir à abriter les soldats qui montaient la garde. Selon la petite histoire, cette région était au XVe siècle une grande productrice de sel de mer et le mur devait servir à protéger les salines. Salines qui sont encore en fonction aujourd'hui pour les besoins surtout de l'industrie touristique.

De Mali Ston, nous retournons à Ston par un sentier qui longe la montagne au bas de la muraille. Le pas est toujours rapide et nous arrivons avant les tickets de stationnement... et, le plus merveilleux, Skippy ne se fait pas prier pour faire gronder son moteur.

Au menu ce soir: veau en sauce à la croate sur riz blanc, salade fromage, noix et tomates, fraises locales et vin Peljesac froid (un luxe fort apprécié)


Le mardi 23 mai

Nouvel essai pour démarrer le véhicule... succès! Depuis quelques jours, c'est le système R-LINK de l'auto qui fait des siennes. Il est possible de programmer le GPS uniquement à l'écran et non plus par l'afficheur manuel... pas très pratique, car on ne peut le modifier à l'écran quand le véhicule est en mouvement. On verra ça chez un concessionnaire Renault en remontant au nord de la Croatie, car il reste encore beaucoup de route... et Paris, sans GPS, c'est loin!!!

En attendant, nous décidons de nous promener sur la péninsule afin de recharger la batterie comme il faut avant notre départ.

VENI-VIDI-VINO Devise de la péninsule de Peljesac. On croise tout au long de la route des bars de dégustation de vins locaux. Il faut dire que les vignobles sont partis à l'assaut des montagnes pour profiter de l'ensoleillement généreux de la côte. On en produit d'ailleurs quelques-uns de très corrects.

La route de retour est toujours aussi belle et l'arrivée à Orebič est toujours à couper le souffle.

En fin PM, petit marche jusqu'au village d'Orebič pour une recharge du cellulaire,

Au menu ce soir: saumon et sauce citron maison servi avec platée de courgettes farcies au pesto. Vin Malvajiza.


Le mercredi 24 mai

Nous laissons Skippy se reposer, histoire de voir sa réaction après un arrêt prolongé. Avec une nouvelle application sur le iPad, nous en profitons pour apprendre quelques mots de croate... Mettons qu'en pratique, les gens ne comprennent pas toujours, mais ça s'améliore. Sylvie est devenue une habituée du KONSUM, notre supermarché local. Elle peut même jaser avec les madames! Chips se dit Čips et bière se dit Pivo. Il suffit d'ajouter un merci bien senti, kvala, pour se faire de nouvelles amies.

Lavage et séchage. On joue à cache-cache avec la pluie pour réussir à tout faire sécher! Ça a fonctionné.... de justesse. Nous sommes toujours aussi chanceux!

Souper : sandwich tomates, pour digérer les boreks du midi (ouf). Pas de vin.

En soirée, on se tape un petit film avec Matt Damon. Une fiction irréelle qui se déroule sur la muraille de Chine.


Le jeudi 25 mai

Depuis tôt ce matin, une douce pluie régulière. Pas de vent. Nous lisons donc La Presse au lit jusqu'à 9h30, à la fin de la pluie. Nous préparons le déjeuner et installons la bâche pour profiter de la vue magnifique que nous offre notre petit paradis tout en étant à l'abri d'une légère bruine qui persiste.

11h45. Le soleil revient, 3e café, cela se nomme farniente. Il ne reste qu'à observer les nuages qui surgissent de derrière la montagne et les quelques coups de vent qui rident la baie.

La voisine derrière nous ouvre sa première cannette de bière, les premiers voiliers quittent le port de Korcula. Sylvie fouille dans son pad. Au dessus de la baie, le ballet des hirondelles en chasse. Une odeur d'oignons frits passe en coups de vent.

L'île de Mljet resurgit à l'horizon: on distingue maintenant sa côte blanchâtre. Le "bura" ( vent d'est, des montagnes, plus frais) s'est levé dans notre dos et souffle maintenant vers le large...

Un peu de ménage... Nous nous préparons pour notre départ.


Le vendredi 26 mai

La saga se poursuit... comme dans un roman feuilleton.

8h. La kangoo refuse de partir et cette fois pas la moindre petite lumière qui clignote...

Sylvie passe à l'accueil du camping pour un appel Renault pendant que je commence à monter la tente et à vider la van au cas où le garage la garde pour la fin de semaine ou plus. Même si on nous prêtait un autre véhicule, il nous faudrait dormir quelque part.

On nous annonce du secours qui viendra par traversier, à une centaine de km d'ici. Le véhicule est vide et presque propre. L'énorme remorqueuse arrive à 11h15. Deux "beefs", pas un mot d'anglais... Nous essayons d'expliquer que c'est la troisième fois et que nous n'avions pas oublié de lumière allumée. Après un survoltage, le véhicule démarre, mais les gars ne sont pas du tout mécaniciens et insistent pour remorquer le véhicule chez le concessionnaire.

Ils ne veulent pas que nous conduisions le véhicule jusqu'au garage et n'y a qu'une seule place dans la remorqueuse; Luc s'asseoit donc entre les deux "beefs" et abandonne Sylvie au camping en promettant de téléphoner à la réception quand il aura des nouvelles.

2h plus tard, après avoir traversé les frontières de la Bosnie et de la Croatie, notre joyeux trio arrive chez le concessionnaire Renault à Opuzen. Le mécano pose rapidement son diagnostique croate : c'est peut-être la batterie... Selon lui, il vaudrait mieux changer la batterie spéciale qui équipe ce genre de véhicule et refaire les tests pour voir si c'est autre chose. Mais... le garage n'a pas ce type de batterie et ne peut en avoir une que demain. Demain, c'est samedi! Pas grave, le garage est ouvert en AM et la batterie devrait être arrivée. Il suffit de coucher à l'hôtel.

Pendant ce temps, Sylvie se morfond au camping en constatant que tout son linge, son argent, ses cartes, son passeport... sont restés dans l'auto! Elle ne pourrait même pas passer par la route pour rejoindre Luc, et le dernier traversier est à 17h. Luc n'a toujours pas appelé... Sylvie s'organise un lift pour se rendre au village d'où part le traversier, mais avant elle décide de téléphoner au garage où on lui dit que le monsieur est parti... Sans plus! Elle se rappelle que Luc n'a pas trop trop le sens de l'orientation, n'a aucune carte routière et ne sait pas du tout comment fonctionne le GPS. Disons qu'elle est inquiète.

Vers 17h30, Luc arrive au camping, tout sourire, au volant de la Kangoo... En croisant le regard de Sylvie, Luc a compris qu'il était dans la merde... il est question d'un appel qu'il aurait dû faire... ce ne sera pas le party ce soir!

La suite est censurée.
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Le samedi 27 mai

Comme Luc avait réussi à convaincre le garage qu'il serait de retour le lendemain matin, nous nous levons tôt, car nous devons refaire les deux heures de route, retraverser les frontières et espérer que la nouvelle batterie arrivera avant nous.

Mais avant, est-que le véhicule démarrera avec sa vieille batterie? Il démarre... c'est à n'y rien comprendre.

Tout se déroule bien et le mécano -qui parle anglais- nous explique aussi des trucs à propos du système R-Link qui équipe notre van. La nouvelle batterie fait bien la job. Soulagement.

Nous décidons d'aller à l'île de Hvar dont nous ne sommes pas si loin... histoire aussi de vérifier si tout est bien en ordre... Finalement, nous apprenons qu'à l'autre bout de l'île, il n'y a pas de traversier pour les autos et que nous devrions faire un aller-retour sur l'île pour revenir par la même route que ce matin. Ce serait trop long et nous rebroussons chemin devant le traversier!

Les derniers kilomètres qui nous ramènent à Orebič sont toujours aussi spectaculaires... Et le sourire revient!

Souper: chivičiči et sauce ajvar, accompagnés d'un vin de la péninsule.


Le dimanche 28 mai

Nous allons à Mljet, une île mais surtout un parc national. Il vente mais ce n'est qu'une traversée de 15 minutes pour Korcula, puis une autre de 35 minutes sur un catamaran pour Mljet. Luc va survivre!

L'embarquement ici ne traîne pas, ceux qui entrent et ceux qui sortent se croisent dans un curieux ballet et soudain les moteurs repartent. Le soleil brille et la mer est belle.
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L'île est calme avec ses deux lacs salés, son îlot occupé par un monastère et son église du XIIe siècle. On peut y entendre du chant grégorien. L'atmosphère serait méditatif si ce n'était de ces deux Italiennes que la fraîcheur des lieux avait prédisposées à écrire des cartes postales en échangeant leur verbiage!

Nous faisons le tour des lacs d'un bon pas et réussissons à éviter les groupes organisés qui arrivent de Dubrovnik en PM. Les paysages sont magnifiques et l'atmosphère est à la détente. Nous aurons marché quelque 21 km à la fin de la journée. Une très belle sortie.

Au retour sur le catamaran, deux couples norvégiens passablement éméchés nous ont entretenus à bâtons rompus... risible! Nous avions hâte d'arriver!


Le lundi 29 mai

La brise de ce matin a forci un peu. Ce sera notre dernière journée au camping d'Orebič... nous y aurons séjourné 14 jours. Nous étions les clients réguliers du Konsum de l'autre côté de la rue. Sylvie y jasait avec ses madames. On saluait nos voisins; on connaissait les airs et les gens de la réception savaient qui on était!

Enfin, nous faisons les derniers préparatifs, établissons l'itinéraire et trouvons la dernière bouteille de vin Prosić Cara pour le 5à7 de ce soir avec nos voisins allemands.

Finalement, nous étions attendus pour un souper (filet de porc, tomates et basilic, fromage) et beaucoup trop d'un très bon vin que nous avons partagé en bonne compagnie avec Ziggy, Ania, Ingo et Inés.

Nous avons à cette occasion pu voir la video réalisée par Ingo lors de son voyage en Norvège au cercle polaire... images fascinantes! Que nous pourrons regarder encore!

Merci Ingo!