Nouveau départ


Panjim, le 5 octobre 2008

C’est le départ pour Goa, plus précisément pour Panjim via Go Air. Nous développons une paranoïa débilitante : un regard, un cellulaire qui sonne, nous voici suivis, arnaqués, volés, battus ou qui sait, laissés pour morts. Durant nos déplacements nous consacrons beaucoup de temps à vérifier ce qui nous reste, à ne pas nous perdre de vue et à scruter tous ceux que nous croisons. Bref, aujourd’hui, tout l’univers conspire à nous fourrer de Wall Street à Delhi Railway Station. Même quand nous nous regardons, le doute s’infiltre… C’est donc dans un découragement muet que nous nous embarquons vers Goa et c’est dans un silence lourd que l’Airbus 320 se pose vers 16h, à travers un rideau de pluie, à 35km de Panjim. Il n’est pas nécessaire de commenter notre humeur!

Selon Lonely Planet, la mousson est terminée depuis trois semaines! Selon le chauffeur de taxi aussi. Coudonc! Est-ce notre karma?

Le Panjim Inn nous accueille sans réservation et nous offre une chambre avec vue sur la rivière et la réfection de l’avenue principale. Petit souper : bière, biryani, nan et chapatis insipides. Nous comprendrons plus tard que les chapatis ont le Rhajastan pour mère patrie.

Dans le calme de la place, la pluie a cessé, le soleil est réapparu et un sourire furtif a glissé sur les lèvres de Sylvie... Les incidents de vendredi ne sont pas oubliés, mais ils sont derrière nous.





Presque le paradis


Panjim, le 6 octobre 2008

Panjim Pousada. Un hôtel historique à 2 600rs par jour (65$). Internet disponible, beaucoup de restos pas chers autour, des heures de promenade le long du boulevard Dayanand Bandodkar qui longe, sur une certaine distance, la rivière Mandovi et, pour l’autre ceinture, un parc superbement entretenu… sans mendiants, ni vendeurs… Le soleil et la chaleur sont accablants : prémisses de ce qui prévaudra plus au sud. C’est presque le paradis.




Plages et curiosité...


Panjim, le 7 octobre 2008

Les tours organisés par la municipalité sont simples et destinés au tourisme national : parfait pour nous qui sommes gâtés en l’absence de tout harcèlement. Nous sommes aussi l’objet de la curiosité des voyageurs qui, dans un anglais parfois incompréhensible, veulent tout savoir des deux blancs. Ces excursions nous donnent l’occasion de voir et de fouler les “plages” mythiques de Goa. Vieux hippies attardés et jeunes allemandes en motos constituent la nouvelle faune locale. Un repère sans âme où il est aussi facile de trouver de la mari que de la King Fisher. C’est Spring Break permanent sans le charme des bords de mer qui se perdent à l’infini. Les plages sont petites à Vagator et à Calangate et malgré le va-et-vient incessant des touristes, elles conservent un côté sauvage trop souvent noyé sous un amoncellement de détritus.

Plus bas sur la côte, c’est à Anjuna que nous pouvons observer les Indiens qui restent debout sur la plage, tout habillés, en regardant les vagues aller et venir… sans trop savoir quoi faire. Il arrive que les plus audacieux enlèvent chemise et pantalon et s’enfoncent dans la mer jusqu’aux genoux et crient comme des gamins. D’autres, enfin, se contentent d’enlever leurs souliers et s’avancent dans l’eau sans autre forme. La majorité d’entre eux se contentent toutefois de rester là, plantés à regarder les autres, S’il y a un attroupement d’hommes, c’est qu’il y a une blanche qui se baigne…Elle n’a rien à craindre : ils ne savent pas nager!

Sur le chemin du retour, nous jasons avec des touristes de Kolkata qui nous entretiennent de la compassion et de l’entraide dont font preuve les Indiens. Je vais aller revoir la définition des termes.

De retour à Panjim, deux King Fisher nous attendent. Une petite visite à l’ordinateur nous confirme que les mots de passe changés à Delhi tiennent le coup et qu’il n’y a pas de mauvaises surprises. Tout va bien.

Demain sera consacré à arpenter la ville dans l’espoir de trouver une caméra pas chère et un cahier de notes.



Note: Désolés, il n’y a pas de photos, car nous n’avons pas encore de caméra.


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