Namaste!


Delhi, le 30 septembre 2008

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6h du matin. Delhi se réveille dans le chaos habituel pendant que nous, épuisés par 11 heures 30 de décalage horaire et une vingtaine d'heures d'avions et d'aéroports, nous essayons de garder l'œil ouvert pour faire bonne impression sur les douaniers qui nous accueillent, puis sur le chauffeur de taxi, Sharma, qui nous amène à notre hôtel dans le quartier routard de Delhi, Paharganj.

La
ride à elle seule est totalement déroutante… 24 kilomètres à travers Beyrouth, au pire de la guerre! J'exagère à peine. Du jamais vu; tout est sale et délabré, un dépotoir à ciel ouvert, il y a des trous partout, des bouts en terre, un trou une bosse, des morceaux d'asphalte qui traînent, des tas de terre et de garnottes pour d'éternelles réparations et, naturellement, quelques vaches et des centaines et des centaines d'autos, de touk-touk, de rickshaw, de bicyclettes, de piétons et de chiens errants…

Et si ce n'était que cela! Notre cher Sharma, dans sa puissante Tata de luxe, s'amuse à improviser un Grand Prix de Formule 1 à Delhi en se faufilant à travers cette faune urbaine et les débris qui jalonnent la piste de course. Il coupe tout le monde et tout le monde le coupe. Et les klaxons qui s'en donnent à cœur joie…

Namaste Delhi! Bonjour Delhi!

À notre arrivée dans Paharganj, Beyrouth se confirme; le dépotoir aussi! Mais les gens de l'hôtel sont particulièrement gentils et, avec une douche et un peu de repos, nous espérons voir Delhi d'un autre œil, celui que la fatigue avait gardé fermé.

Ça va déjà mieux. Les quelques tentatives de marches dans le quartier nous ont permis d'établir des repaires et de gagner quelques sourires grâce au peu d'Hindi que nous avons. Remarquez que les gens rient peut-être de nous, mais ce qui compte c'est que nous ayons du plaisir avec eux. C'est quand même sale et délabré, nous nous faisons harceler de tous les côtés, mais nous nous débrouillons assez bien pour pouvoir apprécier ce qui est appréciable. Les prochaines journées nous réservent peut-être d'agréables surprises.

Namaste!




Ah oui, namaste veut dire à la fois «bonjour» et «au revoir». Pratique n'est-ce pas! Plus qu'en espagnol. Ici la vie est simple, mais «les Indiens sont faits forts en dedans», selon notre chauffeur Sharma.




Il faut être faits forts!


Delhi, le 3 octobre 2008

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Old Delhi Train Station, Shatadbi Express, wagon C, sièges 64-65.

Notre univers a basculé à 05h50 dans le train qui devait nous mener à Agra. Plus de passeports, plus d’ordinateur, plus de caméra, plus de traces de notre planification de voyage, plus de sourires… Tout s’est envolé en quelques secondes au moment de prendre place dans le wagon C du Shatadbi Express. L’impensable s’est produit : on nous a volé .

S’ensuivirent les formalités d’usage dans ce pays où la bureaucratie a depuis longtemps acquis ses lettres de noblesse. Le Commissariat de Police, l’Ambassade canadienne  nous imposèrent des heures d’attente durant lesquelles notre désarroi s’offrit en spectacle. Force nous fut de constater que l’Inde avait déjà digéré son larcin et qu’elle nous prendrait en otages durant trente jours jusqu’à l’émission de nouveaux passeports… temporaires. Privés de notre matériel, assommés par les événements, nous étions, pour la première fois, vulnérables…Un sentiment qui devait désormais nous habiter… ne fût-ce qu’en filigrane.

En fin de journée, une prise de conscience s’imposa : il nous fallait sortir de ce cauchemar, changer nos plans… Il nous fallait quitter New Delhi le plus tôt possible.


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