Le
luxe guatémaltèque
Autobus
de luxe, Trajet spécial, Confort plus,
les
épithètes ne manquent pas quand les différentes compagnies
de transport tentent de nous offrir leurs services. Mais
nous sommes méfiants depuis que nous avons fait le pénible
trajet entre Belize et El Remate avec Linea Dorada, la
meilleure compagnie selon le Routard. «LNR est bien
meilleur», affirme un représentant de Linea Dorada… Nous
nous laissons prendre et décidons de voyager de nuit pour
nous rendre de Tikal à Guatemala Ciudad. Erreur!
L’autobus
dont on nous avait vanté le confort s’est transformé en
boîte à sardines dont l’air climatisé consistait en une
ouverture au plafond … ce qui a eu tôt fait de nous
congeler. Heureusement qu’on avait une serviette de bain
pour nous protéger. Quand il s’est mis à pleuvoir, le chum
du chauffeur a eu la délicatesse de fermer la trappe.
Mourir étouffé, mais pas tout trempe. Aucun arrêt durant
les huit heures du trajet. La traversée des montagnes est
pénible pour les camions et, quand ça bloquait, on pouvait
constater le nombre incroyable de véhicules qui voyagent la
nuit, à la queue leu leu.
Le spectacle le plus saisissant fut l’arrivée dans la
capitale : on est rentré dans la ville parechoc à
parechoc durant deux heures. Une ligne ininterrompue de
camions et d’autobus de toute bannière… des grosses fourmis
qui klaxonnent sans arrêt et s’engueulent à qui mieux mieux
dans un nuage de fumée de diesel. Un spectacle ahurissant!
On nous débarque en ville, dans l’un des nombreux terminaux
d’autobus, et nous ne savons pas où nous sommes. Nous
posons beaucoup de questions et obtenons peu de réponses,
un signe de tête par ci, un signe de dollar par là, nous
nous retrouvons dans un autre terminal pour Antigua. On
nous fait sauter en vitesse dans un autobus scolaire
multicolore presque vide et nous voici partis pour la
Chicken run… En peu de temps, l’autobus est paquetée à l’os
et on essaie encore de rentrer du monde. Trois par banc de
chaque côté, deux debout dans le milieu, et ça circule sans
arrêt en se tripotant sans gêne. Au bout d’une heure, nous
descendons en plein cœur d’un marché, récupérons nos
bagages et essayons de nous orienter… les rabatteurs
accourent!
Comme Luc dit : «Les gens sont très disponibles quand
on leur demande des explications… mais personne ne connaît
les noms des rues sauf … les rabatteurs!!! Le Guatemala n’a
rien à voir avec le Mexique, à première vue du moins. C’est
beaucoup plus pauvre, plus militaire et plus policier que
le Mexique qui ne donne pourtant pas sa place. On ne se
sent pas plus sécure pour autant. Nous venons d’arriver à
Antigua, à quelque 45 minutes de la capitale; quel
contraste! Je déjeune dans un petit café (internet sans fil
disponible); la clientèle est internationale. Sylvie est
sur la route pour essayer de trouver une place pour coucher
ce soir. Il semble qu’on soit en période de festivités de
la Semana santa (ici Pâques s’étire sur une longue période)
et les chambres se font rares. Sylvie s’enquiert des
disponibilités; son pouvoir de négocier n’a d’égal que sa
persévérance. Vous aurez compris qu’on n’a pas intérêt à me
confier la chose. Je suis le poisson rêvé. Celui qui, pour
une course de taxi, paye 5 fois trop cher avec le sourire
ou qui se fait quêter cigarette et autres babioles à chaque
coin de rue. Visiblement, j’ai le mot touriste écrit dans
le front et lisible dans toutes les langues. Je suis
universel!!! Mince consolation, s’il en est.»
Pas de photos de nuit, mais quelques
clins d'oeil.
