Kikokeur

Deux îles, deux univers. Nous avons pris un taxi de mer pour quitter San Pedro et nous rendre à Caye Caulker, prononcé Kikokeur dans un joyeux mélange d’anglais, d’espagnol et de garifuna, ce créole à l’anglaise impossible à comprendre. On pouvait compter une trentaine de personnes dans le taxi pour une randonnée d’environ 30 minutes pendant laquelle nous avons d’abord pu voir la vraie isla bonita de Madonna, celle des riches résidences sur mer turquoise, puis longer la barrière de corail, à travers quelques îles plates qui risquent de disparaître à chaque tempête.

Kikokeur
En débarquant à Kikokeur, nous avons tout de suite pu apprécier la différence, la tranquillité. C’est toujours une île de hippies des années 70, mais ici ils se reposent depuis cette époque. Ça va pas vite! «Go slow» indique d'ailleurs la mosaïque qui reçoit notre premier pas sur l'île. Pas de partys et de grosse musique, pas de taxis et d’automobiles, que des bicyclettes et des cars de golf électriques qui avancent lentement sur des petits chemins de terre battue. Des touristes de tous âges, mais surtout des jeunes, des Américains et quelques Européens, déambulent dans les ruelles en se mêlant aux gens de la place et en s’informant sur les excursions en mer pour faire de la plongée ou aller à la pêche ou encore ne rien faire. Les hamacs sont populaires, les fruits de mer sont bons et la bière est douce, peut-être trop d’ailleurs selon mon chum, dont voici le point de vue :

« C'est plutôt tranquille comme île. Un joyeux mélange de touristes tout genre. Moins de jeunes sur le party, mais autant de bruit: compresseur pour emplir les bouteilles de plongée, climatiseurs des voisins, ventilateur de plafond. Quant à la bouffe... À part le poisson qu'on fait paner et frire, aucun légume, aucun fruit. Retour à la diète de pain, pâtisserie et bière (une bière sans goût particulier dont les insulaires et les touristes s'abreuvent à partir de 8h du matin. No shirt, no shoes, no trouble! C'est la devise ici. La préoccupation majeure de l'île: le port du condom...Et oui, une campagne nationale qui fait rire tout le monde. Les gens d'ici parlent même de remplacer l'aigle sur le drapeau national par un condom fluo... On rit à gorge déployée et on s'envoie une autre bière Bilikin. »

Pour la moitié du prix de San Pedro, nous avons trouvé un petit hôtel fort sympathique à la pointe nord de l’île, juste avant le split, l’endroit où l’île a été coupée en deux par un cyclone en 1961. La mer est chaude, pas vraiment de plages, du sable blanc de corail et pas de vagues, puisqu’elles se brisent sur les récifs au large. C’est la grosse détente crasse. Comme dirait Marie-Claude, quand on ferme les yeux, on arrive même à oublier les 36 jeunes dont on avait la responsabilité…

Mais comme on a perdu l'habitude du rallenti et qu'on a vite fait le tour de Kikokeur avec ses sept kilomètres de long et ses 600 mètres de large, demain on part pour Tikal.

Promenade à Kikokeur.