El
mundo perdido
Le
soleil se couche sur des kilomètres et kilomètres de forêt
sauvage. Le spectacle est grandiose. Nous sommes sur la
plus haute pyramide d’El
mundo perdido, à
l’extrémité Ouest du site archéologique de Tulum, dans la
forêt de Petén, au Nord du Guatemala. Quelques autres
touristes se sont hasardés à franchir les quelque 45
minutes de marche qui nous séparent de l’entrée du site et
à monter les trop nombreuses marches qui nous permettent
d’atteindre à quatre pattes le sommet tant convoité. Tous
tentent de s’imprégner de cette lumière en écoutant les
toucans et autres oiseaux de cette jungle paisible. Mais
quand le soleil atteint l’horizon, les singes hurleurs
envahissent notre univers en faisant ce qu’ils savent faire
de mieux; ils hurlent! C’est malade...
À entendre... Soyez patient pour
le téléchargement!
Ça valait vraiment la peine de se taper une journée de
route assez éprouvante à bord d’un autobus de luxe qui
avait connu de meilleurs jours, à manger pendant six heures
de temps la poussière due à la réfection de la carretera
nationale, pour arriver à El Remate, petit village à la
croisée des chemins, et ensuite prendre un colectivo sur le
pouce pour nous rendre à l’hôtel de Tulum où nous avions
une réservation. Oups! Plus de réservation… On nous offre
le hamac dans la cour arrière. «Non mais, je vais avoir 59
ans demain et à cet âge, on veut un peu de décorum :
pas question de laisser mon dentier à terre à la portée du
premier singe qui passe…», pense mon chum à voix haute en
observant les deux singes araignée qui survolent la palapa.
Et il poursuit :
«Contre mauvaise fortune, bon cœur, nous nous dirigeons
vers notre second choix (pas très recommandé par Le
Routard). Surprise et resurprise : il y a de la place
et quelle place : dans la jungle et les repas fournis.
Note : pour ceux et celles qui ne reconnaîtraient mon
excès de positivisme, mettons qu’une bonne nuit de sommeil
(enfin) et un pep talk de ma chum m’ont remis sur la track.
Tikal
est impressionnant; rien de comparable avec les pyramides
et les temples du Mexique; Tikal a connu l’apogée du monde
Maya. Sa grandeur avant sa décadence, 60 km carrés dont on
à peine découvert 10%. Avec 70 000 habitants, ce fut sans
contredit le centre de la période classique (fin du côté
prof).
Les Guatémalthèques sont très avenants et la langue parlée
ici est très facile à comprendre. On a vu hier le coucher
du soleil au sommet du temple d’El mundo perdido. Avec en
arrière plan une symphonie de singes hurleurs – c’est
incroyable le bruit- et d’oiseaux de toute sorte. Une belle
expérience pour nos jambes engourdies par le trajet en bus.
Une bonne douche au retour et, après souper, en compagnie
d’un couple d’Albertains, (Sylvie a pratiqué son anglais)
retour à la chambre; on coupe l’électricité à 10h et l’eau
chaude à 9 h. Une belle nuit en perspective.»
Et j'ajoute:
Tikal est tout simplement impressionnant. Le site est en
pleine jungle et il suffit d'un peu d'imagination pour
entendre les jaguars rugir et pour se laisser guider par
des mouches à feu de la taille d'un moineau. D'ailleurs, le
retour à l'hôtel, après le coucher du soleil, démontre ma
grande confiance en ces moineaux - lire mon chum et un
jeune Suédois - qui nous guidaient dans la noiceur. Est-ce
que deux incertitudes valent mieux qu'une? Enfin, nous nous
sommes rendus à la sortie du site, et la douche, le souper
et la nuit furent très agréable!
Demain, nous pourrons apprécier davantage Tikal.
Voir en images.
