San Pedro, la isla bonita.


Fini le voyage organisé; c’est maintenant nous qui nous faisons organiser! Nous avons quitté le groupe à 8h, pris un taxi pour le village de Tulum, un autobus pour Chetumal, un taxi pour la frontière, un vieil autobus scolaire pour le village de Corozal et un bateau bien paqueté pour les îles. Pendant ce temps, à peu près tout le monde a essayé de nous arnaquer avec des prix exorbitants, de fausses informations, un retour d’argent inexact, des services inexistants. Même les douaniers mexicains ont essayé de nous charger une fausse taxe de sortie. Bienvenue dans le vrai monde des routards.

SanPedro
Et nous voici à San Pedro, sur l’île d’Ambergris, dans les Cayes du Belize.

-« Where you are?» me demande la serveuse…
-I am here, que je lui réponds.
- No, where you are?
-…
-De donde eres?, se hasarde-t-elle
- De Quebec!, lui dis-je… j’ai enfin compris!
-…

Elle a démissionné; m’a fait un grand sourire,convaincue d’avoir affaire à un analphabète du Nord. On parle ici l’espagnol, l’anglais et un dialecte local dont je ne pourrai en 2 jours comprendre quoi que ce soit.

En si peu de temps, il ne reste que peu de chose de la isla bonita dont Madonna a chanté les charmes; les parfums d’air salin et de muscade se sont effacés pour laisser place aux effluves de mazout dont s’abreuvent une multitude de lanchas et autres taxis d’eau dont les touristes sont si friands. Le bruissement du vent omniprésent dans les palmiers se fait plus discret dans le sillage des autos et camions qui ont depuis peu envahi l’île. Quant au charme des petites rues tranquilles de jadis (selon les vieux qui regardent couler le temps sur une nouvelle place centrale en construction), elles sont sillonnées par des touristes malhabiles au volant de karts de golf qui s’efforcent d’éviter les «potholes» sans faire grand cas des piétons.

Nous partons aujourd’hui pour Caye Caulker. Plus petit, plus tranquille, plus sympa. On verra. Votre humble serviteur se prépare mentalement à affonter la mer pour une deuxième fois en autant de jour. Je scrute l’horizon à la recherche de la tempête qui va nous engloutir corps et biens… surtout depuis la petite tornade qui nous a frappés à Tulum.

Surtout n’allez pas croire que je n’aime pas San Pedro… Ça me rappelle Old Orchard dans les années 70 en beaucoup plus propre et avec des prix de 2008.

Mon café est terminé. Le soleil est déjà chaud et la rade s’est dépouillée de ses bateaux partis conter fleurette au marins d’eau douce en quête de trésors dans les coraux des récifs… Il est 7h22. La journée peut commencer.

Luc et Sylvie de San Pedro

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