La Baie d'Halong

C’est avec une certaine appréhension que j’entreprends mon séjour en haute mer dans la Baie d’Halong. Je n'ai pas pris de chance : Bonamine et Gravol sont du voyage; des petits sacs sont à portée de main. La météo est vérifiée aux 10 minutes depuis hier –aucun typhon à l’horizon. Mais la météo est muette au delà d’une journée. Il me reste à vérifier la carte de compétence du capitaine… Sylvie m’a dit d’oublier ça! J’ai inspecté le bateau et inventorié les WC. On m’a cependant interdit la salle des machines.

Pour l’instant, je respire le fuel des autres rafiots… plus de 500 galères ici seulement pour satisfaire notre soif insatiable de découvertes!

Je sens notre bateau frémir? Non, ce sont les entrailles des jonques environnantes qui s’époumonnent et crachent une épaisse fumée noire qui, mêlée au smog, étouffe ce décor de rêve. On s’arrache enfin au quai, entrechoquant au passage les autres bateaux qui attendent de rentrer en rade.

Une nuit sans histoire dans une baie calme en compagnie d’une dizaine d’autres jonques à attendre le retour du jour. Et toujours ce parfum du diesel qui flotte dans l’air diffusé par les génératrices des navires. Après un déjeuner spartiate (2 tranches de pain blanc, un carré de fromage, une gelée de prune et un bon nescafé en poudre), on repart à l’aventure. Une randonnée sans histoire, une mer calme. Pour l’aventure, on repassera… Mais je suis toujours à l’affût du moindre signe que la tempête menace. J’ai repéré les gilets de sauvetage, mais les falaises et îlots n’offrent rien d’accueillant. Mieux vaut ne pas jouer les Robinson.

AlongPlage
De toute façon, tout est calme sur notre ponton vietnamien. Mille petites baies autant de minuscules plages, accessibles à marée basse seulement; le tout éparpillé dans un véritable labyrinthe –l’échine du dragon- dont seuls les habitués peuvent s’extirper. Et soudain, entre deux îlots, la mer à perte de vue; et resoudain jaillit de nulle part, un nouvel îlot comme pour repousser la limite du large. Et pourtant, pour le touriste que je suis, dans ce dédale, nul refuge, une errance apprivoisée, une balade sans plus. Je cherche encore un sens à ce parcours. Mais ce matin je suis bien… nulle part.