L’autobus
Depuis que nous avions quitté nos hôtels 5 étoiles chinois, nous avons dormi une nuit sur les bancs d’un aéroport de luxe, deux nuits dans des trains qui n’avaient rien de luxueux et une nuit à nous faire bercer dans une jonque. C’est sur la route de Hué que nous avons vécu notre première nuit dans un autobus vietnamien.
Pour nous assurer un minimum de confort pour ces 12 heures de route, nous avons choisi un autobus avec couchettes et demandé des places en avant. «Pas de problèmes», qu’ils nous ont dit! Et ils nous ont vendu un billet Open Tour Hanoi-Saigon qui nous permet d’arrêter dans différentes villes le long du trajet et qui ne coûte que 33$, couchette pour Hué incluse. N’est-ce pas merveilleux?

Croyez-le ou non, nous avons dormi. Pas bien dormi, mais dormi… même si la route était affreuse, que le trafic était incessant –autos, camions, motos et autres véhicules non-identifiés à toutes heures de la nuit-, et que tout ce beau monde s’en donnait à cœur joie avec leur klaxon.
La pluie
Depuis que nous sommes arrivés au Vietnam, il pleut. Au début, on nous disait que la saison des typhons s’étirait; puis, que la saison des pluies était plus tôt; plus au sud, que la saison des pluies n’en finissait plus… Et ce n’est pas une petite ondée qui vient rafraîchir l’air chargé d’humidité; il pleut des cordes, parfois pendant des heures et des heures, avec vent, tonnerre et éclairs. Et dire que le Lonely Planet recommande le mois d’octobre pour visiter le Vietnam…

Et il pleuvait toujours…
Histoire et culture…
Le lendemain, le soleil a fait quelques percées humides. Nous avons réussi à échapper aux multiples vendeurs de tout acabit pour aller visiter la citadelle, ses ruines et quelques bâtiments rénovés. Quand un étudiant, caché dans les ruines, nous a demandé de compléter un sondage, nous l’avons fait avec le sourire, bien sûr. Mais quand il a insisté pour que nous signions son livre de bord en indiquant le montant que nous voulions verser à un organisme obscur, j’ai failli l’étrangler. Je mets cela sur le dos de la fatigue.

Hoi An est très agréable et les gens sont très sympathiques. Dommage pour la pluie. Entre l’imper, le parapluie et le sac à dos, j’ai fini par oublier la caméra dans une petite galerie d’art. Une heure plus tard, le gentil peintre m’a remis mon appareil avec le sourire; j’ai maintenant une de ses toiles pour me rappeler ce bon moment. Luc se permet ici d’ajouter que, tout à sa joie d’avoir retrouvé la caméra, Sylvie a cru voir dans le vendeur un artiste obscur dont elle s’est engagée à faire la promotion dans le nouveau monde… en lui achetant une œuvre qui se retrouve à 25 exemplaire dans toutes les boutiques de la rue. Comme quoi une caméra retrouvée…, ça n’a pas de prix!
La côte vietnamienne
Comme nous avions besoin de soleil, de mer et de repos, nous avons décidé de descendre au sud, espérant que la pluie ne nous suivrait pas. Douze heures d’autobus, pas de couchettes, des bancs de cuirette totalement inconfortables, un autobus chargé à bloc, un va et vient de passagers à tous les villages, impossible de dormir, et que dire de mes vieux muscles…

Cinq heures d’autobus plus au sud, nous avons réussi à semer la pluie et à profiter du microclimat de Mui Ne. Deux jours de soleil, les pieds dans le sable, dans l’univers des adeptes du «kite» et de la planche à voile et celui des pêcheurs. C’était merveilleux! Allez voir les photos.
Saigon
Après trois heures de route depuis Mui Ne, nous voilà aux portes de Saïgon (ce nom est plus beau que Hochiminville)… Trois heures seulement? Erreur, deux longues heures nous attendent encore pour franchir, une fois la noirceur tombée, les faubourgs sans éclairage de la ville, dans une circulation chaotique qui met nos estomacs à l’épreuve. La Française de la banquette voisine croit sa dernière heure venue. Nous la rassurons… «C’était pire à Hanoi et nous sommes encore là!» Le cauchemar prend fin au terminus T.M. Brothers.

Le haut fait de notre séjour ici devait être une visite au marché de l’électronique. Une sorte de caverne d’Ali Baba dans laquelle je devais trouver des trésors de bébelles qui dépassent l’imagination. Tout à mon excitation, nous avons pris un taxi pour ce Taj Mahal. «Ç’est quoi au juste ce marché à l’autre bout de la ville?», me susurre Sylvie. «Je ne sais pas, mais ça va être super, tu vas voir. Sylvie fut d’une patience infinie, surtout quand le chauffeur de taxi nous a débarqués dans ce qui ressemblait davantage à un FutureShop qu’à une caverne d’Ali Baba et quand j’ai insisté pour refaire tous les étages au cas où j’aurais manqué quelque chose. Dehors, sous la pluie, nous avons finalement trouvé le soi-disant marché de l’électronique qui n’en n’avait que le nom, et l’avant-midi se termina sans l’ombre d’une trouvaille.
Saïgon aura été la dernière étape de notre séjour au Vietnam. Dans le taxi qui nous amène à l’aéroport, nous sommes déjà en Thaïlande.