L’Uruguay, comme une bouffée d’air frais
Nous sommes allés faire une petite virée en Uruguay, comme une bouffée d’air frais, loin de la pollution. Nous avons pris le traversier et regardé Buenos Aires s’éloigner lentement. La traversée ne dure que quelques heures, cinq longues heures pour mon chum qui a fini quand même par avouer que c’était calme et agréable. Nous sommes débarqués à Colonia. Cette petite ville, fondée par les Portugais pour faire concurrence à Buenos Aires à l’époque des colonies, fut notre plus belle surprise. Ayant su garder son cachet colonial, elle offre d’agréables promenades le long de ses ruelles de pierres et à travers ses vieux édifices. Les gens sont sympathiques et la vie est calme. Ça faisait du bien!
À Montevideo, qui fut fondée par les Espagnols pour faire concurrence à Colonia, nous avons retrouvé l’ambiance de la capitale argentine, mais à un rythme moins rapide. Les gens ne courent pas autant et sont moins exubérants, mais comme les Argentins, ils mangent de la viande, boivent du Yerba Mate, dansent le tango et parlent en Tchéant. On compare souvent les relations Uruguay – Argentine aux relations Canada – États-Unis. Assimilés par leur riche voisin, le Canada et l’Uruguay tentent tant bien que mal de se trouver des différences à mettre bien en évidence. Dans les deux cas, les politiques sociales font la différence. Mais l’Uruguay a subi les contrecoups de la crise en Argentine et la pauvreté est plus marquante. En soirée, comme à Buenos Aires, les cartoneros font les poubelles pour ramasser les cartons et autres matières récupérables. Il y en a partout avec des remorques de bois, remplies à rebord. Mais ici, les remorques roulent sur de vieilles roues d’autos et sont tirées par des poneys. Toute une industrie qui n’a rien à voir avec les calèches du vieux Québec...
Nous nous sommes rendus jusqu’à Punta del Este, une station balnéaire pour les riches : Argentins et Brésiliens. Quelques jours avant notre visite, c’était plein à craquer pour la Semaine sainte qu’on appelle ici la Semaine du tourisme... Hors saison, la bourgade ressemble à une ville fantôme; pas âme qui vive dans les résidences de luxe et châteaux qui rivalisent d’imagination pour exposer les gros sous des résidents temporaires. Le site et les plages sont magnifiques, et l’on comprend facilement pourquoi les riches voisins des Uruguayens ont voulu se les approprier. Vous comprendrez aussi que les petits Québécois que nous sommes ne sont pas restés longtemps...