La ruée vers l’Ouest...


Nous sommes en train de faire un merveilleux voyage. Nous ne savions pas trop où nous nous en allions avec ce type de voyage, mais je peux dire aujourd'hui que nous adorons notre condition d'itinérants, car elle nous permet d'aller dans des coins exceptionnels, à notre rythme. C'est loin d'un voyage organisé; je dirais plutôt que c'est un voyage désorganisé! La route décide un peu pour nous. Jamais un avion n’aurait pu nous amener aussi loin...

Nous avons traversé les États-Unis à partir de Buffalo en suivant la route 80 et en empruntant des routes secondaires pour nous rendre dans les State Park. Nous avons roulé, roulé, roulé. Impossible de nous arrêter dans ce pays d'autoroutes bordées de McDonald et de stations Shell. C'est Romuald, notre Westfalia, qui a décidé d'arrêter lorsque nous avons traversé les Rocheuses à Denver. En sortant de la ville, nous devions monter jusqu’à Loveland Pass à 12 000 pieds d'altitude. Rendu en haut, juste avant de passer dans un tunnel, le Westfalia s'est mis à buzzer et les lumières du tableau de bord se sont allumées. Pauvre petit Romuald, peut-être commençait-il à montrer des signes de fatigue? Nous l'avons laissé se reposer pendant une heure sous le regard amusé des contrôleurs du tunnel qui nous ont encouragés en nous disant qu'après le tunnel, ça descendrait pour une vingtaine de minutes et que ça remontrait ensuite seulement jusqu'à 10 000 pieds. La traversée fut pénible; nous devions arrêter à tous les poteaux. Mais enfin, Romuald a semblé reprendre un peu de vigueur -vigueur? c'est beaucoup dire!- lorsque nous avons commencé à rouler à plus basse altitude.

Nous avons suivi le fleuve Colorado jusqu'au Parc national Arche's, très beau, mais aussi très chaud! Nous étions dans un camping absolument magnifique, directement dans les arches, où le Westfalia s’est reposé pendant une journée. Nous en avons profité pour traverser le désert à pied en quête de sensations fortes. En suant à grosses gouttes, en pleine heure du zénith, nous gambadions joyeusement sur la pierre rouge feu à travers les sentiers balisés par de petits paquets de roches. Quand les sentiers se rapprochaient des routes du Parc, nous croisions des touristes qui callaient goulûment leur grosse bouteille de Pepsi. Nous avions nos bottines de marche et nos sacs à dos, pendant que les madames en babouches tenaient fébrilement leur petit sac à main en espérant trouver des boutiques dans le désert. Ça prend de tout pour faire un monde!

Le lendemain, le Westfalia a recommencé son petit jeu de buzzage lorsque nous avons voulu sortir de la ville. Demi tour au garage, vérification complète, changement d'huile, tout devrait être en ordre. Nous sommes restés en ville dans l’un des rares campings à avoir quelques-uns des rares arbres de cette région.

Nous avons pris la route le lendemain vers Canyonland, à une centaine de kilomètres, en plein dans le trou du canyon, le vrai désert et des paysages lunaires. Le Westfalia a bien dormi; nous un peu moins bien, il faisait chaud en...