Au paradis...


En nous dirigeant vers Los Cabos, nous pensions nous rendre en enfer; nous sommes au paradis. Et bien sûr, God is an American! À une heure à peine de Los Barriles, il n’y a plus de désert, la végétation est luxuriante, les routes sont belles, les Vados ont été remplacés par des ponts, les fossés sont propres, il y a moins de carcasses d’autos et donc moins de petites crèches avec des fleurs en plastique. Nous entrons dans une grande ville bien organisée; la voie principale est bordée d’un mélange harmonieux de concessionnaires automobiles et de petits ateliers de mécanique, de grands centres d’achat et de petites tiendas, dont le nom commence pratiquement toujours par Mini Super Market. Nous sommes à San José de Los Cabos, la vieille ville, celle qui existe depuis toujours et qui doit désormais côtoyer celle qui a été créée pour les touristes, la belle, l’envoûtante Cabo San Lucas. Mais San José n’a rien à lui envier; le charme des années et sa relative modernité en séduisent plus d’un, pas trop j’espère. San José est en quelque sorte la Playa del Carmen de Cancun; plus discrète, elle se laisse découvrir au fil des jours.

Nous avons eu la sagesse de nous arrêter au début du corridor qui relit San José à Cabo San Lucas. Nous sommes dans le seul terrain de camping sur le bord de la mer dans cette région et nous sommes directement sur la plage, devant les villas et les permanents J’aurais voulu retirer tout ce que j’avais dit sur les R.V. Park de Baja et leur fond de cour. Quatre ou cinq campeurs peuvent encore profiter de la mer à Baja, mais pas pour longtemps parce que le terrain de camping vient d’être vendu à des investisseurs hôteliers. Pour profiter de la mer, il ne suffira plus de voyager hors saison et d’être chanceux comme nous. Je parle de chance parce que notre arrêt n’est pas seulement motivé par notre grande sagesse; sur le boulevard des concessionnaires automobile, un grand VW a fait titiller Romuald. Puis, la découverte d’un réparateur de réfrigérateur de R.V. – oui, le ventilateur a sauté dans le désert – nous a fait titiller à notre tour. Nous sommes donc arrêtés ici pour le côté pratique de la chose, mais nous pouvons en jouir pleinement dans un camping avec plage, piscine, douche chaude, électricité bar, restaurant, gardien de sécurité, internet, transport en commun à la porte. Nous sommes loin de l’époque où l’on priait pour au moins avoir de l’eau! Et tout ça pour 11$ la nuit; on bouge pu!

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Ça fait déjà une semaine que nous sommes ici. Nous avons consacré beaucoup de temps à l’entretien du Westfalia, garage, ménage et un peu de courage… Nous avons eu droit à deux jours de cours sur les frigidaires; ce fut très agréable et bénéfique. Le frigo va à merveille, même pu besoin de pomper pour le partir. Pour ce qui est du nouveau ventilateur, il est tellement silencieux que nous ne savons pas s’il fonctionne. Nous avons aussi changé la valve du réservoir de propane que l’on ne pouvait pas remplir ici; des détails, bien sûr, mais il faut le savoir! Nous ne savons pas par ailleurs si nous avons réglé les problèmes de défaillance de Romuald, mais nous avons mis toutes les chances de notre côté en changeant tout ce que nous pouvions changer, huile, filtre, bougies, filtre à essence. Nous en avons profité pour faire la rotation des pneus, le grand lavage extérieur, le grand lavage intérieur, le grand lavage de tous ce qu’il y a dans le West, linge et passagers inclus. La vie courante quoi! Et tout le monde est heureux.

Après une semaine au même endroit, il est rassurant d’avoir des repères et de vivre normalement, si on peut dire. Nous avons notre poissonnerie, notre marchand de fruits et légumes, notre club vidéo (nous louons des films en espagnol pour nous faire l’oreille), notre buanderie avec service, notre vendeur de journaux, notre tienda pour la bière, les chips et le jus d’orange frais. Nous prenons l’autobus avec les gens du village et nous fréquentons des petits restaurants mexicains, remplis de Mexicains. Les Mexicains sont terriblement gentils; ce matin, au lever du soleil sur la plage, pendant que je prenais des photos de son mari qui pêchait, une jeune femme m’a offert un café, tout simplement, histoire de placoter un peu. Mon espagnol s’améliore, ou peut-être que les gens sont polis! Je ne sais pas si ce paradis est accessible en pleine saison, mais je sais que nous en jouissons pleinement. Nous nous sommes même rendus en bus à Cabo San Lucas, là on se trouve, l’enfer américain. Encore très peu de traces du péché, si ce n’est l’excès de luxe. Nous avons joué aux touristes et ce fut très agréable. Cabo San Lucas se développe à un rythme effréné, sauvage même selon certains. Il n’y avait que 1500 habitants dans les années ’70. Aujourd’hui, il y a plus de 30 000 permanents et un nombre incalculables de vacanciers. On y retrouve tous les grands hôtels, Hilton, Westin, etc. La marina est remplie de yachts de riches. Les centres d’achat abritent de luxueuses galeries d’art et de nombreuses boutiques de grands designers. On se croirait à Las Vegas. Mais c’est à l’extérieur que c’est beau; même Luc était content de prendre le bateau pour aller voir le cap de plus près! C’est à couper le souffle, même si déjà les motomarines et les pontons heavy music de touristes envahissent ce décor de rêve.

Un vendeur itinérant qui passait dans notre camping vient de nous offrir un kilo de magnifiques crevettes. Je crois que nous allons nous régaler ce soir…

Sylvie et Luc
xxx